Ils sont partis vivre ailleurs

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Ils sont partis vivre ailleurs

 

Nous sommes tous gens de voyage sur cette terre.  Nous nous croisons, nous décroisons… créons, recréons un foyer, un lieu chaleureux où l’on aime se retrouver, pour se séparer, encore…

La liberté tisse son ouvrage sur notre planète, et entre ses mailles lâches, dans certains lieux, nous resserrons l’étreinte, réaffirmons la tendresse.

Les parents, les amis plus fragiles, qui ne comptent plus les décennies,  redoutent la séparation définitive. La conscience humaine perçoit la distance comme sœur de souffrance et la vie devient lit de douleur. Elle ne peut dilater l’espace à d’autres dimensions.

Même si le cœur affirme que les liens ne peuvent être rompus, le charme de l’amour se dissout dans l’espace — un air vicié privé de confiance.

 

 

cousin de par ici

ami que tiraille

l’ailleurs — pas plus présent

maintenant que demain

plaie ouverte sur le corps

invisible de l’âme

en catimini entame-

-sève et coule à perte

de vie — les calices

vides alignés glissent

sur le plan incliné

d’un cœur époux-bancal

 

Erin (Carmen P.) 

20 réflexions sur « Ils sont partis vivre ailleurs »

  1. rares sont les véritables amis et les personnes sur qui on peut compter vraiment et la distance aussi rompt des liens il faut se refaire de nouvelles connaissances ce n’est pas tjs évident

    • Tôt ou tard il faut se séparer. Les départs nous y préparent. Où que l’on soit il importe de recréer un nid douillet en le recouvrant de tous les souvenirs chaleureux (familiaux, amicaux) que nous avons vécu et en sachant que l’amitié nouvelle peut venir s’y blottir.
      Bonne Année, flipperine.

  2. D’ici où d’ailleurs on pose souvent ses valises, mais parfois il nous faut repartir tout en ayant construit de biens belles choses. Ainsi va la vie. Je préfère partir de moi-même que de me sentir mal à un endroit et seul la fuite devient salut.

    Les gens du voyage aiment leur vie de bohème, c’est à nous de nous adapter et à eux d’y mettre un peu du leur. Chez moi il y a une aire d’accueil, chacun vit en harmonie sans empiéter l’espace de l’autre, on se croise, parfois on se salue, d’autres fois aucun regard échangé, ainsi va la vie..Doucement inexorablement.

    Douce nuit et bien amicalement

    Une bise d’EvaJoe

    • J’ai l’âme nomade, Eva, mais je suis celle qui reste et qui a pour mission de veiller sur les grand-parents. Il en était déjà ainsi pour ma grand-mère.
      Il y a un mois et demi ma belle-mère était en larmes pour le départ de mon second fils pour la Chine (retour prévu été 2015). Mon fils aîné qui vit aux US est venu passer les fêtes chez nous. Cela faisait deux ans que les grand-parents ne l’avaient pas vu. Autant dire que lorsqu’il est parti hier, l’arrachement a été dur ! (à 92 ans on sait que les années sont comptées et la raison n’y peut rien)
      Merci d’être venue sur ce poème.
      Bonne Année, Eva.

  3. Florence – Testé pour vous
    Bonjour…Très beau texte…Ma fille est partie s’installer en Allemagne…amour oblige. Son chéri vit là-bas, c’est un allemand, alors elle est partie. Elle revient assez souvent, l’Allemagne n’est pas si loin.
    J’ai aussi un fils qui est parti depuis 4 mois s’installer en Guadeloupe. Il avait envie de voir du pays, de changer d’air. Il est parti, reviendra surement assez vite, puis repartira. Je trouve que c’est génial tout ça.
    Mon père est un Algérien, arrivé en France à l’âge de 14 ans. Ma grand-mère maternelle était d’origine belge. Mon grand-père maternel, le breton, avait des origines scandinaves…nous voyageons tous, de par notre envie de bouger, nos origines, nos cultures..et je trouve ça très très bien…Merci pour ces magnifiques mots. A très bientôt
    http://florence.apln-blog.fr/2014/01/04/jai-teste-belle-histoire-ecoutez-les-pleurer/

    • Oui, c’est ce que j’ai voulu dire. Nos ascendants viennent de différents horizons, nos enfants ont grandi dans le cocon que nous leur avons offert, ensuite ils ont fait leurs choix de vie… ils viennent, ils repartent, nous allons les voir. Le plus dur est pour les grand-parents qui ne peuvent pas voyager et attendent les retours en espérant, secrètement, voir un jour les petits enfants revenir vivre non loin d’eux.
      Mon fils aîné restera aux US, j’en suis convaincue, mon second reviendra de Chine, quand son expérience de vie, là-bas, aura assez duré.
      Merci d’être venue ici discuter dans ma petite roulotte. Erin

  4. Bonsoir Carmen
    J’ai eu un esprit nomade pendant longtemps et j’ai eu bien du mal à m’asseoir quelque part, même à l’heure actuelle ma femme craint le pire (rire), mais je pense être calmé et maintenant, je voyage par le biais des écrits et de la poésie.
    Mais je pense qu’une majorité d’êtres humains à cet état d’esprit peut-être héréditaire et peu sont sédentaires.
    Une belle réflexion en poésie de ta part que j’ai particulièrement apprécié
    J’en profite pour te renouveler mes bons vœux de bonheur, de joie, d’humour, de passion de vivre, d’amitié partagée et de bonne santé
    Bisous affectueux
    Douce nuit
    Bon dimanche
    Le Noctamplume

    • Ce que tu dis là, Alain, me fait penser à moi-même. Mon époux sait combien j’ai l’âme nomade. Son amour m’apporte la stabilité, que je m’aurais jamais connue, avec mon perpétuel désir de partir.
      L’écriture permet de magnifiques voyages, mais n’interdit pas quelques échappées.
      Je prends tous tes bons voeux, Alain, et je te souhaite, à toi aussi, une année riche de moments heureux servis par une santé qui permet de les savourer.
      Erin

  5. Les séparations sont parfois très dures, qu’elles soient familiales ou amoureuses et même si on dit « loin des yeux, loin du coeur », il existe des personnes inoubliables. Pour l’instant, toute ma famille est près de moi et je suis consciente de ma chance.
    Les humains sont faits pour voyager, les frontières ne sont que virtuelles, c’est pourquoi je ne comprends pas les nationalismes exacerbés.
    Passe un excellent dimanche !

    • La tristesse est comme la douleur, au moment de la séparation on crie : « Aïe ! » (mentalement ou en poésie pour moi) puis on se calme.
      Savoure bien les instants passés avec les tiens, ils sont force (et cette force on l’emmène partout avec nous, c’est un acquis qui se transmet de génération en génération).
      On est né ici, on aurait pu naître ailleurs et nos racines viennent rarement uniquement du sol qui nous a vu naître. J’allais dire du ciel, et je réalise que si je dis que « nos racines viennent du ciel qui nous a vu naître », on comprend tout de suite que l’élément air, dans lequel baigne la terre entière, fait de nous tous des frères.
      Bonne semaine, Clara.

  6. La vie est faite de ces séparations… et pourtant, nous ne pouvons pas vraiment nous y faire.

    C’est une magnifique page, Carmen.
    merci pour ce partage et tes mots.

    Passe une année douce et heureuse, même si parfois tu croises le doute et la tristesse sur ta route.

    J’ai beaucoup aimé ce coeur nomade…

    Bises et douce journée.

    • Quand on est sensible, un rien nous attriste… mais ça passe vite, car on envoie des pensées d’amour sur ce qui nous a perturbé (on lâche le jugement).
      Quand la séparation est inévitable on ne peut que l’accepter, surtout quand son enfant a trouvé l’amour et est aimé en retour. Dans le cas contraire, on se dit que toutes les expériences sont bonnes et que celui qui est parti finira bien par trouver sa voie.
      Bonne Année à toi aussi, Quichottine.
      Erin

  7. L’être humain est un nomade solitaire et son ailleurs n’est que l’ici de l’autre….

    J’aime ta poésie et je reviendrai. Je suis un amoureux des mots et de la photo car la lumière et la poésie s’allient pour réchauffer les coeurs.

    Robert

    • Il y a toujours un espace de chaleur à recréer, où que l’on soit. S’enfermer dans la solitude et la tristesse, alors que le monde a tant besoin de présence et d’amitié, n’arrangera rien.
      Tu reviens quand tu veux, Robert. Je viendrai aussi te lire. Mon dernier poème est particulier, ce n’est pas celui que je te recommande le plus.
      Bonne semaine.
      Erin

  8. Pour le voyageur dans l’âme il est dur de ce fixer quelque part.
    Ayant été expatriée plus que la moitié de ma vie j’en sais quelque chose.
    C’est facile en fait de partir car c’est celui qui reste qui souffre (du moins au début) de l’absence.
    Le partant est à ces découvertes fabuleuse (ou pas), à son adaptation aux *ailleurs*
    Avec le temps les vrais amis, la famille manque alors on se refixe….mais dans l’âme voyageuse le partir manque.
    Déjà pour moi il commence l’appel des sirène du *ailleurs* on échappe pas facilement à son âme vagabonde…
    Pourtant il faut rester ancré ne serais-ce que pour la famille…..Pas facile la vie du vagabond.
    Bravo très beau texte

    • Quand les voyages nous ont apporté du bonheur il est dur de devenir sédentaire.
      Celui qui reste souffre, mais il paraît que le mal du Pays vient aussi faire souffrir celui qui est parti, tôt ou tard.
      Je n’ai pas choisi la Bretagne où je vis et cela m’a révoltée, souvent. Je me suis résignée en me disant qu’il y a bien une raison à ma présence ici, et puis, la Bretagne est belle. Faut-il aimer le sol qui nous porte comme on aime un enfant ? Est-ce se renier soi-même, et passer à côté du bonheur, que de râler sur une coincidence géographique que nous n’avons pas choisie ? Ceux qui ont besoin de nous nous retiennent, en effet.
      Voilà, je continue mes questions, c’est la soirée questionnements en tous genres !
      Merci de m’avoir lue, errances. Erin

  9. Par le mariage, je suis installée ici depuis 25 ans mais je m’évade dès que je le peux pour tout les moyens, j’ai toujours soif d’ailleurs…chose que ne comprend pas toujours mon entourage !!! Bises

    • Je crois bien ne pas avoir répondu à ton com.
      Ces échappées sont à préserver, le plus longtemps possible… l’équilibre de la vie, auprès de ceux qu’on aime, en dépend (les nôtres le savent bien, même s’ils feignent de l’ignorer).

  10. Toujours envie de partir…De toute façon, nous sommes tous de passage, éternels nomades. Je crois néanmoins que le plus bel endroit de la terre est celui où se trouve notre coeur.
    Bonne année Carmen.

    • Bonne année, louv’.
      C’est pourquoi il faut mettre du coeur dans toutes nos relations. ça ne coûte rien et ne peut qu’aider au mieux être de chacun.
      Je parviens à être présente tout en ayant conscience de l’aspect fuyant des choses de la vie.

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