La tendresse en héritage

L’auto-louange je la tatoue
sur le pic de ma conscience
T’as tout ange au ciel-regard
qu’un iris suffit à te concilier

Ainsi s’honore la tristesse à la source
en frissons amplifiés par la tendresse
La peau absorbe la pluie de la colère
au bavard de l’instant échappé du chaos

Elle offre un sein au lait de l’émotion
avant que la parole ne désespère !

 

*

Grande est la solitude devant la neige
qui sur l’écran de nos vies, grésille.

Pourquoi accorder tant d’importance
aux images puisées en ondes troubles ?
Le vide à l’intérieur de nos consciences
appelle dès le chant du coq : rouge
l’énergie et la joie sous le manteau
enfin retourné de nos attentes.

C’est l’instant guetté par l’ami fidèle
qui jamais ne quitte notre ombre.

 

*

Les grands absents
apparaissent
au détour d’images
oniriques
ils sont fort affairés
et me remarquent à peine
Sans doute
le contour de ma mémoire
les retient-il prisonniers !
Ainsi vivent nos présents
quand leur silence en tâches
me renvoie à mes propres solitudes

Que Poésie n’enrobe pas
ma conscience toute entière,
entre concentration et ramification
que navigue son euphonie
du dedans au dehors, à tous moments

L’œil extérieur accorde au monde
les couleurs de sa connaissance intérieure
et son champ ratisse – large – au tapage du coeur

.

Carmen P.

illustration : Lionel Bulmer

8 réflexions au sujet de « La tendresse en héritage »

    • J’ai peut être eu tort de publier, à suivre, trois poèmes assez denses. Je les trouvais liés par la nécessaire place de la parole, par le regard venu de l’intérieur qui transpose la tendresse sur l’extérieur, par ce désir de non-repli sur soi (mêlé à la confiance que l’on peut s’accorder) car l’extérieur frappe à la porte du coeur et on sait qu’on y répondra, même si, souvent, dans la vie, les présents sont aussi absents que nos « chers » disparus.
      Le poème échoue lorsqu’on est obligé de l’expliquer.

      • Tu disais toi-même qu’un poème ne suffisait pas à exprimer une pensée, il est donc logique que tu en publies plusieurs. Non, tu n’as pas tort ! Ils véhiculent le sens dont tu les as chargés.

        • Mais là, c’est un mauvais « assemblage ». Trop lourd. Je vais laisser tel quel. Ce que je publie n’est que « work in progress ». Aujourd’hui je cherchais encore à dire. Beaucoup de feuilles griffonnées. Je pars de la vie avec ses failles, des travaux photographiques d’une personne qui était en recherche elle-même, de son travail sur l’aspect fuyant de toute chose… avec un raisonnement dénué de sagesse mais centré sur l’Art. Mon seul désir est de garder une vision sereine.

  1. Il me semble qu’il n’y a rien à expliquer, le poème est et certaines facettes du poème n’échappe-t-elle pas au poète lui-même ? Le temps fait son travail, au dedans et au dehors, pas de précipitation… Belle journée Carmen. brigitte

    • Mot après mot, petit à petit, sans doute parviendrai-je à dire ce que je ressens et si je n’y parviens pas, cela n’a pas beaucoup d’importance. J’aurai essayé. Bonne journée à toi aussi, Brigitte.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *