Réserves de l’auteur

 

Chaque mot crayonné sur le papier
se rétracte comme un coup d’effroi
Tu désirais épingler ce spécimen
et tu frémis d’avoir à le saisir vivant
Tu refuses de le convertir par l’alchimie du verbe
au brasier des émotions antérieures
où périssent inlassablement les souvenirs
Ton geste – une rature temporelle –
ne parvient qu’à projeter ce qui vibre
vers l’inanimé et l’iridescence tombe en poussière
Tout ce qui brille dans l’eau devient terne hors de cet élément
Laisse les angoisses traverser l’espace noctambule
contente toi d’agiter les franges de l’aube en signe de reconnaissance
Ô peur, laisse le trouble de l’inconscience libérer sa prise
permets lui de se dissiper dans la nature du maintenant
Il n’y a pas d’instant propre à rincer le linceul
quand la soif de croiser l’éclair de l’amour
au mille visages – dans l’évidence du chagrin
et la sérénité face à l’abandon – retient la plume

.
Carmen P.

illustration : Jimmy Lawlor

4 réflexions au sujet de « Réserves de l’auteur »

    • Je ne sais pas. Je ne sais plus, Aloysia si je dois continuer d’écrire. Aujourd’hui un poème est venu, noté sur les pages blanches d’un livre que je lisais, je ne sais si je dois le taper, le ranger dans mes dossiers. Je crois que l’écriture m’a déséquilibrée et je veux revenir à des choses plus simples. Merci d’être passée Aloysia. Pour l’instant je vais m’occuper de mon mari et mes parents ont tant besoin de moi ! Amitiés.

    • Eternelle question qui doit hanter bien des auteurs qui ne sont pas dans le circuit de l’édition et de la diffusion. Faut-il poursuivre l’écriture ou l’arrêter ?

      À l’écriture je préfère la paix et une vie simple, mais quand j’atteins cette paix je veux l’écrire (cercle vicieux)

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