Les cariatides ont disparu

Les nymphes ont disparu – gardiennes du temple

où s’adossait leur patience, elles ont quitté les lieux

Lentement, avec elles, se sont dissous les augures

une naissance inversée, l’espérance déracinée,

par les talons offerte à l’érosion d’une fontaine

La vie esquive son cours face aux colonnes nues

qui dressent leurs symboles phalliques, la Terre

bascule et verse à la mémoire des Castalides

la promesse d’une éclosion :

le nombril du monde

percera le silence

.

Carmen P.

photographie : Francesca Woodman

2 réflexions sur « Les cariatides ont disparu »

  1. Es-tu allée à Delphes ? Un de mes plus beaux souvenirs… Mais là, il y a sous ce beau poème un message : comme si toute trace de féminité avait disparu, ne laissant place qu’à un masculin bien pauvre dans sa nudité – et aussi bien précaire car la Terre qui le porte, elle, n’est-Elle pas Femme ?

    • Non, je n’y suis pas allée, mais j’en ai rêvé, d’où ce poème. Tout ce qu’il y avait de féminin était absorbé par le sol humide, les cariatides fondaient comme sucre.

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