
Je reprendrais bien un peu de bruit
un brin d’agitation joyeuse
à la saveur serpolet
cueilli parmi la callune
où s’activent – espiègles
les lutins que l’ami Loïk
avait si bien su fixer sur le papier.
Ils courent encore du côté de Messac
mais vous pourrez aussi les rencontrer
à Saint-Malo où dans une cuisine
ils font sauter abondamment les crêpes.
Oh, vous ne les verrez pas de vos yeux
car il faut passer par ceux de l’artiste
qui les a vus et les a peints partout.
Galopins vêtus de pyjamas rouges et blancs
coiffés de bonnets rouges pointés vers l’infini
vivent-ils encore une fois qu’ils ont été épinglés
ne serait-ce que par la pointe d’un pinceau ?
.
Je reprendrais bien un peu d’ivresse
après avoir laissé dans la cité corsaire
les enfants turbulents de l’ami Loïk.
j’irai m’abreuver au vent qui pousse
au Sillon du Talbert jusqu’à ce que l’iode
et les embruns me rappellent les odeurs
de tourbe d’un certain whisky fabriqué
par ici – l’évocation de son goût de citron
et de cire d’abeille laisse affluer les sensations
que seule la Vie permet de savourer.
.
En attendant d’autres pollens
s’est levé un poème que les lutins
de loin saluent en agitant
le Gwenn ha du.
.
Carmen Pennarun
Tableau de Loïk Chatel
Texte très gai, très emballant qui donne l’envie de srtir pour rencontrer les lutin, même sous la pluie.
Merci d’apprécier, Myette. Il y a tant de façons de parler d’une région et les lutins m’ont permis d’aborder le sujet par une autre approche. Les lutins sont chez moi comme dans cette crêperie de Saint-Malo que j’évoque.