L’enfant de Syracuse (Dear Moni)

 

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Il n’y avait pas de chauffage à l’hôtel, mais la clim, poussée à son maximum et que je décidai de supporter malgré le bruit qu’elle occasionnait, me permit de sécher mes chaussures pour le lendemain. Mes chaussures et la précieuse missive ! Le rabat n’avait pas été collé mais je ne pouvais parvenir à sortir la carte de l’enveloppe sans risquer de la déchirer, ou pire, de l’attirer miette après miette en voulant l’extirper de sa coquille jaune. Elle n’avait tout de même pas retenu mon attention pour que je me résigne à la transformer en pâte à papier ! Sur un nid de coton improvisé avec une serviette éponge je soumis le courrier à la lente œuvre de dessiccation de l’air, sans grand espoir, néanmoins, d’être en mesure d’assouvir ma curiosité au petit matin.

Le message reposa toute la nuit. Je le retournai de temps en temps en morigénant ma bêtise à chaque fois que je mettais les pieds au sol. Faut-il être stupide d’en arriver à sacrifier son sommeil pour quelques lignes que je tentais de sauver, lignes qui ne me concernaient en rien, et auxquelles j’accordais le pouvoir de perturber ma tranquillité en y mettant, en plus, toute ma conscience ; je la veillai comme je l’aurais fait d’un enfant malade, le bruit de la clim accompagnant son souffle comme une machinerie dont aurait dépendu sa survie.

Le lendemain matin, après être allée boire un thé dans la guestroom j’entrepris d’affranchir le pli de son silence.  Sur le recto de l’enveloppe se lisait le nom du destinataire, mais le prénom ainsi que l’adresse étaient illisibles, l’eau avait fait son œuvre, emportant dans un lavis l’enc, détournant les graphies de leur destination, ne leur donnant pas plus de poids que des traces laissées sur le sable et que la marée efface.

Jacoby, tel était le nom du destinataire. Quel prénom allais-je découvrir en ouvrant ce pli ? 

La carte, visiblement achetée au MoMa représentait la nuit étoilée de Van Gogh. Le message tout autant tremblotant que les étoiles dans le ciel d’une nuit d’été, malgré les coulures d’encre et le manque de rigidité du papier, se révélait enfin :

 Dear Moni,

 One of the main reasons why my time with MCC has been so incredible is you.Thank you for sharing your sunshine spirit with all of us at NYC, and best of luck with your adventures.

I’m really going to miss you !

 Fondly

 Xxx

Touchée par le sentiment de gratitude qui émanait de ces mot adressés à Moni, je décidai d’ajourner mes projets d’exploration de la Grande Pomme et d’endosser le rôle de messagère  ; il fallait que je  remette cette lettre en main propre à sa destinataire.  Je découvris rapidement qu’une Monika Jacoby habitait à Greenwich village. Cela ne me prendrait pas beaucoup de temps d’aller la trouver. Je la prévins par téléphone, laissant un message sur son répondeur pour lui annoncer mon passage imminent.

Erin (Carmen P.)

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6 réflexions au sujet de « L’enfant de Syracuse (Dear Moni) »

  1. J’aime beaucoup la manière dont tu nous parles de cette lettre qui retient toute l’attention de celui qui l’a entre ses mains, quitte à passer une mauvaise nuit, il va mettre tout en oeuvre pour que le destinataire aie sa lettre. Est-ce une bonne chose que de l’apporter, peut-être que si tu nous livres la suite nous en saurons davantage.

    En tous les cas c’est aéré et j’aime bien lire de cette manière.

    Belle fin de vendredi

    Bien amicalement

    EvaJoe

  2. Maintenant que le suspens est lancé, on a envie d’en savoir plus !
    J’aurais aimé que tu traduises le message, je suis très mauvaise en anglais.
    Bonne journée et à bientôt pour la suite.

  3. Florence – Testé pour vous
    Bonjour…j’ai loupé quelque chose car je ne parle pas anglais et je n’ai pas réussi à traduire ce qu’il y avait dans cette lettre….mais j’aime bien ton histoire…surtout la prise de tête donnée par la découverte de la lettre…y penser la nuit, ne pas vouloir l’abimer, essayer de la remettre à son destinataire…j’aime beaucoup cette idée…et on se demande ce que ça va donner…à bientôt pour la suite

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