L’ange de novembre

photographie de Gilles Pennarun

La branche plonge dans ce Rien

où ni vide ni plein ne vient

atteindre le point d’ancrage

du mal être. Elle part___ouvrir

un espace en forêt millénaire

et passent __des tempêtes

des promesses et après maintes

révolutions se nidifie l’âme

plus vieille qu’un arbre bicentenaire

riche d’épreuves et de pluies

– de trésors – qu’elle cache

dans tous ses nœuds

.

Glisse en rêve de grands bancs

d’ ablettes sous la transparence

de l’instant. Le miroitement

d’argent ramène le corps

à l’oxygène d’une pensée

le rend perméable au rythme

d’où naît le mouvement

– c’est une pulsation au doux

babillage  d’enfance – une scansion

joyeuse que soulève l’appeau

.

La mémoire sensorielle

émerge de l’eau dormante

.

L’ange de novembre

s’est réfugié au Nord

il attend le réveil de lumière

et___du continent glacé

il reviendra aux premières

aubes___ouvrir leur territoire

au chant des oiseaux

.

C’est la Terre

que porte notre cœur

jusqu’à la plèvre

par la grâce de deux mains

créatrices de biens

que notre nature – sauvage –

dans sa déraison

risque de détruire

.

Demeure la simplicité

des jardins d’enfants

les âmes innocentes

s’épanouissent

sous le regard des mères

où couvent des rivières

d’espérance

.

L’amour est un refuge

(en lui mugit la part du vent)

il pousse

les mémoires endolories

à battre du cœur

en signe de nouvelle alliance

avec les plans zélés

.

Carmen P.

8 réflexions sur « L’ange de novembre »

  1. Un hymne à la vie, à l’amour, dense et profond, et qui rappelle avec une grande beauté et une langue exaltée que le cœur est le refuge de la « nouvelle alliance ». Merci, Carmen, amie poétesse.

    • Une immersion dans la nature, une connivence à fleur de peau, un alignement en perpétuel ajustement pour une présence plus vive, au jour le jour. Merci Vève.

  2. Il y a une immense profondeur dans ces ressentis de silence, que le style de ponctuation, avec ces tirets, et les vers courts conduisent presque à l’immobilité. On dirait la Terre qui pense…

    • Merci, Mayalila. C’est un poème qui se déploie, écrit avec le coeur et la nature en co-auteur.
      Poème jugé trop long pour une revue, alors je le confie à mon blog.

      • C’est ainsi qu’il suffit souvent de disposer la prose autrement pour s’approcher d’un certain style Baudelairien. Lequel se défini quand l’ensemble nous parvient en heurtant suffisamment l’âme par le truchement d’une mouvance qui est propre à la poésie populaire.

        • Bonjour, Robert-Henri. Merci pour tes mots. Il est vrai que la poésie vient nous heurter, puis elle s’écrit avec plus ou moins de bonheur, mais le bonheur du poète tient dans la clarté qu’il parvient à glisser dans le maelstrom des émotions réveillées en son coeur, “ordinaire”.

  3. Bonjour Carmen,

    Que dire après les commentaires qui me précèdent. Ils parlent si bien de ton merveilleux poème. Je me sens en accord avec tes mains, ainsi qu’avec les leurs
    Merci Carmen pour cette caresse de l’âme. Cela fait du bien.

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