On naît tous quelque part

Vivre, c’est accepter de renaître en Terre natale

alors même qu’on a coulé des jours heureux

en Terre d’adoption. Comme lorsque certaines

heures du jour nous serrent le coeur jusqu’à

ce qu’on accepte d’ouvrir nos sens

à une moindre lumière, en dépit

de nos résistances, l’espace

et le temps tendent souvent

une autre joue à embrasser.

Cela, le peuple des pierres

l’entend qu’un éboulement

a détaché de la roche-mère

.

Carmen Pennarun

illustration : Magdalena Korzeniewska

14 réflexions sur « On naît tous quelque part »

  1. Je suis un grain de sable, et au.dedans du silence, l’écriture.
    Françoise Sérandour
    ( tant que durera le désir des roses”.
    Merci Carmen.

    • C’est l’inverse qui s’est passé pour moi, j’avais une terre d’adoption et mon père étant revenu sur sa terre natale (où j’étais née moi-même) il a fallu que je la découvre (dans un profond ennui d’abord car mes parents ne me l’ont pas faite découvrir, l’enfermement dans un petit bourg en période d’adolescence a été très difficile… mais j’ai appris à l’aimer, cette terre de Bretagne, lentement, au fil des ans).

  2. J’aime ton observation très subtile des fluides qui nous composent – où nous décomposent – et qui dessinent la vie à vivre… C’est encore une fois très beau, merci Carmen, douce journée à toi. brigitte

    • Le poète en est encore à penser la vie en termes d’humeurs… sa pensée empirique s’accorde tous les droits, explore tous les sentiers de la vie.Il va, et s’il est entendu c’est qu’il ne se trompe pas sur toute la ligne. Merci de m’avoir lue, Plumes d’Anges.

  3. Bonjour Carmen,

    Ma terre natale est loin. Et j’aime mon pays d’adoption. Mais, celle qui m’a vu naître est dans chacune de mes cellules… ce tout influence ma vie de tous les jours.
    Très beau texte Carmen
    Merci

    • Je pense que nos origines nous les emportons partout où nous allons, même si nous parvenons à nous intégrer harmonieusement sur une terre d’accueil. La Bretagne m’a rappelée à elle, malgré tous mes efforts pour lui échapper… j’ai vécu cela d’abord avec révolte, mais par l’écriture se révèle mon lien avec elle (je vais mettre sur mon blog le dernier texte que j’ai écrit pour un site littéraire). Bon dimanche, Martine.

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