Univers onirique

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L’œuvre de Dariusz Milinski est pétrie de poésie. Son univers onirique émerge de scènes de la vie rurale. Une lecture attentive des tableaux est une véritable invitation au rêve, à moins qu’à l’inverse elle nous renvoie à nos songes. C’est ce qui s’est passé pour moi avec ce tableau représentant un homme qui, par sa seule force physique, parvient à déplacer sa maison. Le labeur humain se charge ici d’une fascination spirituelle.
Dure entreprise à hauteur humaine, alors qu’en… rêve notre inconscient rend la chose si facile !
Ce tableau a donc réveillé ma mémoire onirique.

Voici le rêve qui s’est déroulé sur l’écran noir de mon esprit endormi, il ya une quinzaine de nuits.
J’étais retournée dans un logement de fonction. Au rez-de-chaussée il y avait mon bureau. Dans le rêve, il se trouvait « agrandi » par rapport à mes souvenirs ; le mur qui le séparait de la pièce voisine avait été abattu, ce qui offrait un vaste espace où je pouvais expérimenter avec une classe une nouvelle méthode pédagogique. Je vous résume la séquence : après relaxation, les enfants évoluaient en prenant bien conscience de la place qu’ils occupaient et en tenant compte de la présence des autres, sans en être perturbés. Quand ils parvenaient à être présents à eux-mêmes et à la trajectoire ainsi qu’aux mouvements qu’ils exécutaient, ils s’approchaient du tableau et s’exprimaient. Des bulles sortaient de leur bouche et venaient s’imprimer sur le tableau. Tout se passait merveilleusement bien et les élèves, ensuite, étaient enchantés de pouvoir observer, avec les autres, les graphies et les traces colorées qu’ils avaient laissées.
C’était la rentrée, mes nouveaux collègues étaient arrivés, nous allions préparer la rentrée et penser projet. L’accent serait mis cette année sur le travail corporel et l’appropriation de l’espace. Nous étions en pleine réunion quand une milice a fait irruption dans le hall d’entrée, mes collègues se sont livrés à eux mais je me suis échappée. Je me suis réfugiée à l’étage où se trouvaient les chambres. Dans mon rêve mes enfants et mon mari s’y trouvaient.
On tambourinait à la porte, tous (sauf mes enfants) m’encourageaient à ouvrir mais il était hors de question que je me rende, qu’on fasse irruption dans ce lieu protégé qui était mien. La porte allait céder quand j’ai ressenti un décollage, immédiatement suivi d’un atterrissage.
Tout est redevenu calme. Derrière la porte mes agresseurs semblaient ne plus exister. J’ai entr’ouvert la porte, un parfum de fraîcheur est entré dans le logement ainsi que des chants d’oiseaux. J’ai ouvert la porte en grand et je suis sortie : le premier étage de la maison se trouvait au beau milieu d’un champ fleuri, dans une vallée. J’ai dit à mes enfants de sortir et je suis partie chercher des êtres qui comptent pour moi afin qu’ils viennent vivre dans ce havre de paix.

Court texte :

Laissons-nous porter, si… lent… cieusement, par l’ange courbé sous le poids de notre matérialité. N’opposons aucune résistance, jusqu’à ce le mouvement de s…a marche se calme, alors seulement nous pourrons nous risquer à entr’ouvrir la porte, à laisser entrer un parfum de fraîcheur qu’accompagne le chant des oiseaux. La lumière inonde la maison, dans le moindre de ses recoins. Abandonnée au cœur d’une vallée fleurie, elle attendait notre réveil.

Erin

13 réflexions au sujet de « Univers onirique »

  1. Bonjour,

    Excuse moi, mais je me suis absentée longuement et j’ai laissé mes blogs et bien entendus ceux de mes amis.

    Une photo et l’imaginaire fait le reste. Là cela t’as porté fort loin, l’imaginaire n’a plus de limite et je suis fascinée par ton histoire qui en est qu’à ces balbutiements.

    Une suite où non, peu importe car déjà cela fait naître en toi des choses extraordinaires où les initiés se reconnaîtront et les autres tout comme moi en seront admiratifs.

    Belle journée et gros bisous d’EvaJoe

    • J’ai tant de pistes pour des histoires que je ne sais lesquelles choisir !
      L’heure n’est pas à l’écriture mais à engranger des impressions. (j’espère que l’heure de l’écriture reviendra)
      Bonne soirée, EvaJoe.

  2. C’est finalement un beau rêve puisque les « méchants » ne réussissent pas leur mauvaise action et que cela te permet d’atterrir dans un lieu enchanteur !
    La maison qui se déplace m’a fait penser au joli film d’animation « là-haut ».
    Bonne journée et amicalement.

    • Je n’ai pas vu ce film, Clara.
      Hors d’atteinte de la méchanceté du monde… cela me convient bien, et pourtant je fais tout pour rester dans l’agitation !
      Bonne soirée, Clara.

    • C’est souvent le cas, flipperine. J’aime aller au bout de mes rêves, ou alors je les recommence jusqu’à ce qu’ils forment un tout que je puisse comprendre.
      Les rêves permettent de digérer mentalement le réel (je sais, ce n’est pas une belle image 🙂 )

  3. Le rêve est beau mais curieusement je n’ai pas eu la même appréhension du tableau que celle que tu en as eu. En tous les cas ce tableau a été pour toi un bon déclencheur

    • C’est le propre de l’Art, Doderisse, chacun peut se l’approprier. Sans ce tableau je n’aurais jamais noté mon rêve. et inversement, sans ce rêve je n’aurais jamais partagé ce tableau. Les choses s’articulent bien, je trouve, pour parler à beaucoup.

  4. Florence – Testé pour vous
    Tout d’abord, dans ton rêve, j’ai aimé la façon de laisser s’exprimer les élèves…des bulles, qui se mêlaient, se mélangeaient puis se laissaient admirer…l’expression dans un ensemble de compréhension, de solidarité…voilà comment j’ai ressenti le début de ton rêve…la liberté.
    Puis l’on vient cogner à la porte. Certains se livrent, toi tu fuis et tu retrouves ceux que tu as pu mettre à l’abri (c’est ton rêve qui les a mis à l’abri)…tu résistes et tu as raison puisque vous finissez libres…libres d’aller chercher ceux qui te tiennent à coeur…mais toi seule part les chercher, les autres restent à l’abri, attendant ton retour…tu es une meneuse ? Bon, j’avoue que je n’y connais rien en rêve mais si dans la vie tu es comme ça, alors les autres doivent être bien protégés par toi…
    Concernant le tableau, je l’ai aussi interprété à ma manière :
    le pauvre homme galère pour acquérir de maigres biens, il écrase les rêves, les espoirs de son enfance (le vélo et d’autres objets sous la maison)…il trime, avec peine…le fermier possesseur nanti (moutons et belle maison) le regarde, sans même l’aider…j’ai regardé sur google à Dariusz Milinski et je me suis rendue compte qu’en fait la personne qu’il a peint en train de tirer la maison, ben c’est lui…le même visage, la même barbe…j’ai regardé ses tableaux et j’aime bien certains puis d’autres moins..mais c’est vrai qu’ils sont tous une porte ouverte sur l’imagination, le rêve, l’interprétation…merci pour cette découverte…et à d’autres rêves alors…passe une excellente journée

  5. Un tableau très intéressant qui t’a bellement inspirée. j’aime ces univers où nous commandons à nos songes: Un monde d’invention qui permet de souffleur, d’échapper à cette réalité trop pesante parfois
    Merci Carmen
    Douce journée à toi
    😉

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