Paysages de Noël

Ce n’est pas encore la fête
mais il y a comme un goût de miel
de vin chaud et d’épice accroché aux branches
de l’arbre Noël sous lequel seuls les peluches patientent.
La ville est une ruche où se piquent les envies aux pinçons de l’hiver.

*

La patience est une graine
qui ne croît que si on la sème
en terre intermédiaire
à la lisière de l’être intime.
Sur champ de neige
elle se déploie, sereine,
et le vent en lève quelques bribes
quand le mental las de haute voltige
souhaite poser un sourire sur le monde.

*

Un peu de rêve.
La légèreté signant la grâce des espèces ailées,
suivons-les dans leur élément, l’air qui embrasse tout,
et laissons vibrer dans notre espace intime
la fibre joyeuse, elle sous-tend l’âme liberté.

*

Avec ton manteau vert
ton étreinte née de la mer
mon coeur tient en ce baiser
et mon corps danse sur un pied
tandis que vagues se brisent
aux côtes des Hespérides.

Carmen P.
Photo Georges Elbert Burr, « Winter morning »

14 réflexions au sujet de « Paysages de Noël »

    • Une photo de l’hiver, dans l’éternel de sa beauté ! Un choix de textes courts pour honorer cette saison.
      On me dit parfois qu’on aimerait plus de violence dans mes mots, mais je ne tends que vers la légèreté, même si je suis consciente de la lourdeur que peuvent revêtir les expériences de vie.

  1. L’hiver a cette beauté sobre que peu, parfois, saisissent ou comprennent ….

    Tout, dans cette saison, rayonne « à la lisière de l’intime », de l’infime, du secret.
    Elle nous offre tant à entendre et écouter, et tout est beau dans son écho tel l’enfant qui, comme toi, sautille d’un pied avec cette émouvante légèreté ….Merci.

    Je viens également te souhaiter une joyeuse année, faite d’errance patiente, de rêves libres, et d’étreintes avec l’infini …………Sabine

    • Merci, Sabine. Je te souhaite une Bonne année 2018, qu’elle t’apporte ce qui compte le plus pour toi… et des imprévus bienvenus.
      Ecrire m’enchante… je répondrai à l’impulsion de l’écriture tant que l’inspiration sera au rendez-vous. Je vis cela mais d’une certaine façon c’est hors de mon contrôle.

  2. L’hiver est un temps pas plus long que les autres saisons, et pourtant je la vois toujours plus longue, aussi j’aime bien ce passage où tu parles des graines que l’on sème. Même sur champs de neige elle arrive à pousser.
    N’est-ce pas ce qui se passe pour le blé, il est en terre à la fin de l’été et sera magnifique bien plus tard.
    La terre nourricière sait conserver ce que l’on sait semer.

    Toi tu as l’art de semer les mots et de les offrir à nos yeux ébahis.Ce texte est calme, empreint de chaleur malgré que la photo des arbres saupoudrés de neige laisse bien entrapercevoir que l’hiver a frappé à notre porte.

    Belle journée, et bisous d’EvaJoe

    • Merci, EvaJoe. L’hiver est une longue saison, car les jours nous privent de lumière suffisante. Alors nous compensons, par le feu, par les fêtes, par le chocolat, par la chaleur humaine… par la poésie… la création pour nous activer comme sait le faire la terre, malgré le froid.
      Bon week-end, EvaJoe !

  3. Il m’est apparu que c’est en lisant et relisant abondamment… que l’on parvient à s’insérer, tel un acteur, dans cette pièce en quatre actes. Et ce au point de se surprendre à improviser la réplique…

    Merci infiniment pour ce plaisir.

    Avec mes vœux poétiques
    RHD

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