La lampe de la poésie

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Comme la lumière au coeur d’un arbre creux

 

 

La lampe de la poésie

 

 

Elle a éteint la lampe de la poésie
mais sa lumière persiste, en elle diffuse
comme un son qui la prolonge – radio débranche.

 

L’image rémanente, un corps subtil, non pas virtuel mais réalité sensible
ne la lie plus à  la nécessité d’écrire. La poésie se lit en elle, se délie…
dans l’arrondi du geste, dans le timbre de la voix, dans la limpidité du souffle…
un flottement dans la présence, un raffinement comme un pas de danse
aussi naturel que le parfum d’une fleur, la ramure tendre d’un tilleul,
le chant de l’alouette ou l’allégresse du vent.

 

Etait-elle fille d’Apollon avant de naître  passeuse de mots ?
Cette douce singularité qui bandait son arc-en-ciel d’ô   rages
la laissait vide dans l’ignorance d’une tendresse « interrissable ».
La poésie l’a prise, perdue sur un chemin d’amour et de tristesse
elle l’a conduite au-delà de la vie sur une route pavée d’or
où tout ce qui étincelle et carillonne devient poème.

 

Mère, elle a donné son cœur aux paillettes en  goutte à goutte,
elles enluminent les lettres qui montent à l’échelle de ses pensées écartelées.

 

Elle a éteint la lampe de la poésie…
mais les graphies dans le noir crapahuteront sous le sommeil

 

Elle ouvrira les portes dans l’ombre.

 

 

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Les vieilles branches

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En regardant les vieilles branches se tendre haut dans le ciel

 

 

Si Terre me veut vieille

si Être me veut belle

alors je cièle l’avenir

– harponne l’envie –

et je greffe l’amour

encore et toujours

sur chaque gravier

qui me blesse au pied.

 

 

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Maison

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Maison

 

 

une poussière de tendresse

s’est glissée sous ta paupière

tu pleures ! elle t’échappera

cette tristesse à qui tu as donné

corps

 

les pollens parfois sont allergènes

et les stigmates – trompes en nos cœurs –

gardent les blessures mi-closes

 

Oikô….. chacun est souverain dans sa demeure

Oikô….. que seul le vent libertin libère

Oikô….. sans frontière….. aux dimensions de l’Univers

 

glisse une larme jusqu’au lit du fleuve….. éternel

 

 

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Variations d’un soir de mars

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Variations d’un soir de mars

 

 

 

1

 

L’arbre froufroutant de chants
salue le duvet du ciel
que l’oeil rouge soulève

 


2

 

La nuit est plaine de couteaux

 

Non, pas la ouate !
Non, pas la haine !

 

La nuit – bleue de couteaux – est pleine
ses lames entaillent l’aube

 

Le jour blême de son champ se vide

 

Au baldaquin du crépuscule pendent des voiles mauves

 

Les poings dans les gouffres suturent l’obscur

 

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Hyper motive-action

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Hyper motive-action

 

 

Que faire de tous ces mots ? Chiffonnés, ils le sont avant de naître ; tendres sépales dans le bourgeon comprimés. Ne faut-il pas
être recroquevillé avant d’oser l’ouverture, accepter les cocons successifs précurseurs de déploiements, attendre l’éclosion ?

À cet instant seulement qui n’accepte aucune 
précipitation
chaque fibre offerte à la vie s’oxygènera.

Parfois le repli terminal surprendra l’homme avant sa naissance… combien sommes nous vivant une existence intra- terre- utérine ?
Souffrance de gestations  qui dépassent le terme… dans l’ inconfort coulent les années tristes de rêves inassouvis.

La vieillesse accueille l’homme  de retour au flétrissement premier, un autre appel à
l’oxygène de l’eau, une attirance de sel… un temps de feu qui aligne la vie sur la matière desséchée, sans envie.

Peut-être vivons-nous sur terre pour apprendre à exprimer au mieux dans notre enveloppe corporelle l’oxygène de l’air, mais le désir
de mots se place sur un autre corps il est d’esprit… J’imagine, douce folie poétique, une enveloppe impalpable de finesse, une enveloppe de lumière qui elle aussi aspire à détendre  sa surface. Si je ne la défroisse  pas, ma naissance n’aura jamais  eu
lieu, ici, comme mon enfant je serai morte avant d’être née.

Les mots se lisent en mode son et lumière, ils empruntent de prunus en prunus l’écho rose que le Printemps diffuse et dans la clarté
d’une larme se déclinent toutes les valeurs. La plus pure est celle que la nature choisit à chaque saison..

Attente

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Attente

 

Gris glacis de la brume.. au crépuscule sus-

-pendu.… les goélands sentinelles guettent

la marée   Ribambelle plantée sur la
tangue

un promontoire que menace l’éboulement

 

L’heure est miroir.. et promesse de remous

La mer sera pleine…… …la vague arrive !

 

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Saveur des mots

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Saveur des mots

 

 

Elle s’en va murmurer poèmes à la nature
souffler ses mots d’amour à la perle d’eau

qui grisolle par temps de ruisseau capricieux

 

La beauté ne s’éclipse pas devant la puissance

elle ne s’incline pas non plus dans la vieillesse

elle est dans une armature pure et rebelle

insaisissable et violente comparse

 

Elle profane l’aurore du cœur

offre ses larmes à ciel découvert

renaît à chaque instant du nid des couleuvres

 

La beauté n’est pas unique

elle surprend par son pluriel

croisé sur un chemin d’ordinaire

et  se dérobe à tout rêve de mainmise

 

La beauté tant fatiguée s’embrume

l’iris précieux où s’affole une pupille

devient judas puis s’abandonne au loups vifs

 

Griffes et dents attaquent sa cataracte

d’un rire de plume la cécité recule

et l’harmonie sourd en grappes de vie

 

elle en  croque un à un les
grains

 

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La porte

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La porte

 

Leur enfant n’est plus, alors ils ont abandonné la maison, mais ils n’ont pas laissé la porte.

Elle quittera avec eux la vallée où ils vécurent heureux. Il ne faisait pourtant pas beaucoup de bruit ce bonheur, il aurait pu passer
inaperçu, se laisser oublier et durer…

La charrette organise le voyage, des gens, des choses utiles pour l’exil sur terre, et de la porte.

Le vent pourra mugir entre les quatre murs, soulever la toiture qui n’a pas su les protéger.

La pluie alors pourra finir le travail, laver, noyer les souvenirs.

Ils s’en foutent des souvenirs, ils emmènent la porte et ils la planteront quelque part, dans un coin joli et tant pis si on ne
les comprend pas. Il faut bien commencer par quelque chose, pourquoi pas par la porte ! Quand elle s’ouvrira, où que ce soit, ils verront entrer la silhouette aimée, et ensuite seulement ils
laisseront le « nouveau » franchir le seuil… et chaque ami sera invité, il apportera sa pierre et la maison se construira de l’intérieur. Le bonheur ne se construit pas autrement. Après
avoir beaucoup erré, la pensée arrêtera leurs pas et  le temps, d’ici ou d’ailleurs se posera, en un lieu fertile où comme un arbre leur cœur tendra
ses  ramilles au souffle du printemps.

Rose Garden

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Rose Garden

 

 

 

Un jardin enclos au cœur flou de la ville
– écrin baigné de roses où le soleil s’incline –
épris de caresses un ange décline
comme vaguelettes ses plumes en élytres.

 

Le vitrail des couleurs pétale sa lumière
dans le bastion végétal où rien ne dérange
le calme solennel de l’instant naturel ;
un trouble se dépose au flanc de mes rêves.

Reflets

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Reflets

 

saillie des branches

dans la fente d’eau

les fronts bas percent l’onde

– noyade d’un regard

sur un ciel tombé –

 

dans l’ombre où ils se démêlent

les arbres trompent les éléments

 

ils tendent vers l’eau

la terre…. ..et le ciel

en une souveraine exploration

 

femme je cherche…. en aveugle

mon essence végétale

 

 

 

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