Platon — le chant —

 

 

 

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Platon : détail de L’Ecole d’Athènes par Raphaël

 

 

 

mon âme rêve harmonie

et ma voix se règle sur le rythme

d’un chant — comme l’aime Platon —

ce maître chant apaise la maison

quand par mauvais temps

s’attriste la raison

 

 

.

Ainsi soit-elle

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Jour de fête

 

elle respire la joie des couleurs

portées en terre éphémère

 

elle noie les poisons de l’esprit

dans l’air du temps pacotille

 

elle broie l’assommoir

au puits des déboires absolus

 

Ainsi soit-elle !

 

 

*

 

juste un mot

qui colle à ta peau

un pos-it on your dreams

un accroche-rêve

 

un mot qui rassemble jamais et toujours

un mot qui rapproche hier et demain

un mot effervescent de joie certaine

 

un mot-papillon à cueillir à l’instant

d’un pincement de lèvres, d’un battement de cils

car le cri est en moi que j’essaie de contenir

 

qu’il devienne soupir sous l’insigne d’un mot

 

*

 

celui qui donne

la plénitude en parcelles

et pose des sourires

sur les murs de lassitude

 

malgré son dénuement

en dépit de ses tourments

 

porte encore  sa robe de baptême

et sa présence est une aurore

elle éclate au bord du jour

qui en oublie d’abdiquer

 

 

*

 

la tristesse-mère

n’est pas vague fluctuation

d’états d’âme…. elle signe

l’élan de la compassion

elle le précède et s’en va

cueillir la peine silencieuse

celle au qui-vive

dans son lit de renoncement

 

la passion d’équinoxe

soulève et s’indigne

car nulle-part elle ne tolère

le déni de la grandeur humaine

 

*

 

 

dire la présence

des mots échos

ces boutons d’encre

plus clairs que l’eau

 

drapés pastels

ils chantent couleur

tendent    aquatiles

sur l’air  veilleur

 

traits volubiles

ils plantent rhizomes

en terre nubile

valse la vie

 

les mots plus que pigments

sont
grains de peau

Route de nuit

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Route de nuit

 

 

 

c’est un poème

un petit rien écrit

dans la poussière de mes nuits

 

d’abord il y eut la route…

 

un play-humain fut placé là

il ne savait pas pourquoi

il lui fallait  avancer

 

t’as  toujours eu peur des
automates

t’as  toujours eu  peur de ta propre image

et pourtant c’est du sud que sont venues les pépites

sur lesquelles à l’ouest s’est bâtie ta vie — étrangère

 

la maison ferme son écrin sur les absences futures

dans le secret des murs elle accouche des mots

un goût de cendre  hurle en toi car se consument

les clichés où sourient encore les vieux bébés 

 

la maison flambe mais demeurent les pièces

inexplorées — dans la cire des  veilleuses coulent les possibles —

 

l’écran reflète le miracle de l’amour-sève

il caresse du  regard la vie de bohême

et laisse les visages  s’épanouir sur l’aire

des bas côtés que des sourires jalonnent

.

tu as lavé ton linge au lavoir du coin

tu as battu  tes draps de
peines 

là où le courant emporte toutes

les souillures 
confondues

 

et ces bruits sourds qui t’entendent

ne sont autres que ceux des cœurs

marathoniens……  ils  refusent

le rythme  automate   ils savent

 

la ligne d’arrivée était celle du départ

 

 

.

 

Notes blanches

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Notes blanches

 

 

sur la portée de lumière

que l’air porcelaine profile

les oiseaux chantent comme en Été

et ma pensée arpège….. saute et se barre

 

les blanches notes décrochent

les noirs boulets…..  ils s’émoustillent

roulent anthracite sur le tapis

végétal et la musique

enclenche la voie

 

d’une lune noire qui enfante les larmes

naissent des départs à pleurer délivrance

 

 

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Couleur premier janvier 2012

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Couleur premier janvier 2012

 

 

Parfumée litchis-framboises
croquante macaron
toute de rose glacée
et embullée de champagne
ainsi commence – gourmande –
la nouvelle année

 

Ma bûche je l’ai choisie
acidulée et légère
aux couleurs pastel de mes désirs

 

Perspectives
d’un mariage aux States
mais le grand oiseau blanc
nous tend aussi ses ailes
pour nous conduire en Chine
où nous espèrent les parents de Nan

 

Un petit cœur de maison
couve l’amour et ses variations
arc en ciel de cultures

 

Simplicité et ouverture
et volets clos sur une enfant à protéger
abandonnée par sa famille
elle a trouvé refuge ici et c’est elle
l’enfant tournesol qui pointe
son rire vers le soleil

 

Seule l’authenticité sait tendre la main au bonheur
elle n’épargne pas les heurts, mais dans la ruche
sucrée le ciment propolis brille comme Or en pâte

 


(c’est un texte perso, mais de tout coeur je vous souhaite une belle année 2012 ouverte sur vos propres rêves)

Le toi des soupirs

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Le toi des soupirs

 

La tristesse s’emmène sur le pont

si triste elle tombe

et larmes se noient

dans l’onde qui les dispersent

en chevelure – Belle Ophélie !

 

Dites-moi comment cueillir la peine

la cueillir sans la défroisser

l’apprivoiser dans la folie

la flatter dans ses caprices

la suivre dans l’instabilité des jour

 

Avec ou sans espoir

la regarder passer

 

à tes côtés

 

j’ai le soupir comme une fleur

près de ta jugulaire il s’endort

 

J’ai  une fleur au cœur-bouton

elle s’ouvre et s’en-bulle vole

L’ange a un doute de  velours

ses ailes déplissent les étoiles

 

Les hauts des bas chemins

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 Les hauts des bas chemins

 

 

Le temps subrepticement se courbe

ondule sous l’instinct de la lumière

drapé de vent sur les brisures folles

du miroir de la vie

 

 

J’assemble les tissus épars

pièces souples de mes rêves-Arlequin

et j’enfile cette robe bigarrée

 

Le monde est bleu et rouge et gris

jaune est le bain qui le peigne

de ses rayons cristallins

 

Le temps nonchalamment se concentre

dans une larme de lumière

et les instants se comptent en éternité

sur les aiguilles molles de la montre

 

Le cœur inlassablement veille

il trace un chemin sauvage

depuis l’espace obscur

d’où il ramène à nos mémoires

les champs désertés de l’oubli

 

Ainsi progresse sur l’air de la terre 

la lumière dans une perle d’eau

la lumière d’eau

la lumière

     Ô

Sans trêve

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Sans trêve

 

 

 

Pousser les barrières du ciel

 

déciller l’espace

d’un revers de certitude

 

offrir sa présence

à l’absence si pleine.

 

 

Elle s’en venait

portant une robe cerise

dans la chair du jour

 

elle invitait le bonheur

à l’en-tête de la vie.

 

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Au-delà des apparences

 

 

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Cristal

 

Facettes d’une même pierre où se reflètent tous les mirages. 

Dans ces lames vives, les  images sans chagrin éclatent limpides.

L’écho de mes certitudes se propage ,  et frémissent les ondes au cœur d’une gemme .

 

 

 

Les portes coulissantes

 

Se laisser porter par le courant du destin. Sous sa digitale pression coulissent les portes que l’on s’imaginait obscurément scellées. La raison s’efface devant le rêve créateur.

 

 

 

Glisse

 

comme larme entre les cils

une pensée au cœur du sensible

 

le corps déplisse les voiles

 

rien ne demeure

de ce qui occultait

la joie sereine

 

voyage une pupille légère

au temple ignoré depuis l’enfance

 

du fond de l’être émerge la voie

qui dissipe la brume alentour

et le paysage se réveille

comme un grand paquebot chantant

que l’oiseau ivre de vent

remet à flot

 

j’ouvre mes mains à tous les matins ailés

 

.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Toussaint

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Toussaint

 

 

 sur
les routes

 

le bruit du monde

en novembre

 

l’aile noire du corbeau

emporte un croassement

et la cloche tinte

qui ramène les vivants

au silence des morts

 

 

sur les tombes

 

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