Comme un oiseau

Je connais toutes tes luttes

quand les épreuves nécessaires qui te laminent – injustes –

ne somment que paroles à taire

.

Alors tu vas courbant ton col de cygne

tu protèges les papillons de la tendresse

entre tes bras serrés contre ta poitrine

seul ton corsage de popeline s’est fripé

.

Viendra le temps du redressement

où ton cœur osera fouiller les décombres

l’illusion cessera ses appels à l’urgence d’agir

l’effroi se dissipera dans la présence scène

.

Tu n’es pas responsable. De rien ne désespère

La vie est à l’orage, enfant il te réjouissait

alors reprends tes bottes et t’en retourne patauger

jusqu’à ce que perce le violet des crocus

.

Retourne compter tes pas jusqu’à ce que cesse

de tanguer l’âme déboussolée que l’oiseau

du regard rétablira dans son vol migratoire

.

Carmen Pennarun

illustration : Catrin Welz-Stein

La cinquième saison

La cinquième saison

je la nomme Joie

elle n’a rien de lunaire

bien que dans la tristesse

on pourrait le croire

.

elle traverse l’année

du premier janvier

à la nuit de la Saint Sylvestre

sa lumière jamais ne s’éteint

tant va l’énergie permettant

aux mots de fructifier

en fond labyrinthique

.

elle est la flamme qui nous habite

et qui initie notre souffle

à la magnitude solaire

.

l’onde de joie émerge

sous la clarté falote

d’une lune pleine

aux pieds des pâquerettes

invisibles – elles devisent –

en croissance d’aurores

.

la cochlée de l’ oreille

accueille les vocalises de la vie

les vibrations hautes

coulent leur onguent

irradient de nitescence

et sur nos fronts s’épanouissent

les blancs de nos mémoires

absous  des trous noirs

dépeignés d’allégresse

.

Carmen Pennarun

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