Vacances

 

Temps de vacances

la nature se savoure vive

dans la lumière de l’été

loin des artifices de l’écran

 

Un thé en terrasse

une marche tranquille

sur les chemins des douaniers

— Vacuité de l’instant ! –

 

Septembre récoltera les fruits

et viendra bien assez tôt

je n’oublie pas les mots

mais je m’accorde une pause.

.

C.P.

tableau : Irving Ramsey Wiles

Séparation

 

Ils sont repartis

la famille soudain rapetisse

l’horizon a des limites

que l’amour ne parvient pas

à rapprocher

.

La distance s’annule d’un saut de puce

mais en attendant que puce s’envole

elle étire comme un fleuve

la sérénité de ta vie

et s’en vient remplir

mon coeur

d’un océan de patience

.

C.P.

Il serait temps

Il serait temps
d’ouvrir en moi une lucarne
de penser à la brèche d’une meurtrière
d’imaginer une fente
une faille
Il serait temps
de s’ aider d’une déchirure – celle du dernier recours –
Il serait temps
mais tout dépend de la résistance des matériaux
avec lesquels j’ai construit mes murs. Aïe !
Dans le froid de la salle de garde
j’hésite à poser boucliers
à les troquer contre des bulles
que le vent pousserait à l’envol
et que la lumière chatouillerait

Je suis une matricule de ‘pôle aime’
qu’une bulle d’opale promène
dans le ciel hors du temps
en sales heures estivales

Sorry !

Aucun jardinier – à moins d’être magicien –
ne saurait récolter mes bulles dans son panier

La tristesse parfois est libre comme l’air !

.
C.P.

illustration : Pablo S. Errero

L’été en robe légère

L’été est une saison trompeuse
où fleurissent les robes légères
les regards changent de trajectoire
les véhicules oublient leur destination
ils s’offrent un p’tit tour supplémentaire
La vue troublée escorte la pensée,
poursuit chimère, ne tourne pas rond.
 
Il y a erreur sur la personne
la beauté depuis longtemps
s’est envolée, elle demeure
dans le sillage de cotonnade
derrière lui, alors que vie fuse
vers l’avant et que tangue le témoin
dans la lumière à contre-jour.
 
Cette femme n’engrange les soleils
qu’au fond d’elle-même , elle déploie
ses pages en dedans et garde son livre
fermé comme un jardin des floraisons
que seule l’ invisibilité consacre.
 
Ces regards, elle ne les voit pas
Ses fils et leur père les saisissent pour elle
qui ne vit qu’une robe à la fois
dans l’éphémère de la saison
d’ailleurs
ce n’est pas une robe d’été qu’elle porte
c’est le poids léger de l’amour
dont elle éprouve toute l’amplitude.
 
Si la robe crée la féminité elle peut l’abandonner
aux vents, aux oiseaux, au parterre champêtre, aux rêves
tandis qu’elle traversera nue l’espace amoureusement
bleu de ses lands de celtitude à l’ombre des monolithes
que sont les pierres d’ancrage de sa famille
 
.
Carmen P.

Carmen P. auteur

 

J’écris des poèmes que je partage facilement sur mes blogs. Je choisis des illustrations, des tableaux ou des photos pour les accompagner au mieux. Je recherche l’harmonie dans ces publications et j’espère atteindre, en chacun,  le coeur de cette humanité dont nous faisons partie, de cette humanité avec laquelle nous avançons, peut-être pas main dans la main, mais avec toute l’énergie que nous manifestons, jour après jour, dans la conscience de qui nous sommes vraiment et cette assurance d’approcher de notre raison d’être qui est le but de notre vie (donner ce qu’il y a de meilleur en nous). Pour moi, cela passe par l’Art et par l’écriture. Qui suis-je ? Je pense que mes mots me ressemblent puisque je les puise là où la source de mon inspiration est la plus claire…  Ne me voyez-vous pas en me lisant ?

Cependant,  afin de faire connaissance avec les lecteurs qui pourraient venir sur ce blog, voici quelques photos. Les années passent mais seuls les écrits comptent pour les amis qui aiment me lire….

… si vous désirez un livre papier n’hésitez pas à me contacter. Mais, place aux photos !

Ecrire en tous lieux :

Lecture au jardin :

Mon recueil Rose Garden qui vient de recevoir le premier prix du recueil de nouvelles au concours international de Servon sur Vilaine. Je viens de le faire rééditer.

Mon dernier livre :

 

Lors d’un récent salon :Même pas peur des ours !

En vacances :

Gare centrale de NY :

Avec Maram Al Masri (la photo est floue) :

Pour finir, un coucou de ma Bretagne :

Double arc en ciel

 

L’autre soir, le ciel nous a permis de pointer du doigt un double arc en ciel.

Pointer du doigt c’est beau quand un phénomène de la nature en est l’objet.Ne me dites surtout pas que ce n’est pas beau de montrer du doigt, que cela ne se fait pas,qu’il faut laisser les personnes et les choses être ce qu’elles sont au moment où elles surgissent dans notre champ de vision et demeurer neutre. Indifférent.

Montrer du doigt n’enlève rien à ce tout qui nous entoure, cela dénote l’intérêt, le questionnement, l’émerveillement, le désir de partager la joie, de manifester le sentiment de gratitude face à la vie.

Montrer du doigt, c’est comme écarter les bras pour mieux enlacer tout ce qui est immensément grand ; c’est accueillir en nous la lumière de l’existence.

Quand la nature se révèle sous les yeux d’un enfant de deux ans qui la découvre, l’Univers semble être en extension…

Dans notre jardin, l’autre soir, il y avait un troisième arc en ciel dans le regard de l’enfant, et un quatrième, en diffraction, dans mon cœur !

…. il me plaît d’imaginer que la propagation de l’onde lumineuse allait bien au-delà de notre nid de verdure, du cercle de notre famille, enfin rassemblée.

Dans notre jardin il y a des framboises, des fraises, des arcs en ciel et un petit bout de chou que j’ai attendu une année.

Il faut du temps parfois pour savourer le fruit de la tendresse !

.

Carmen P.

photo du net

La corde a sauté

J’ai cassé ma corde à sauter
et l’espace sous mes semelles
ne se heurte plus au sol
sur lequel je reprenais prise.

Je cabriole entre nuages
Je bondis d’une couleur de l’arc
à une autre valeur en ciel.

Il y a toujours une lumière
insoumise à la pesanteur
qui sautille comme une fillette
à l’intérieur de nos maquis
en jachère d’espérance.

.
C.P.

illustration :

Tu me manques

 

L’an fauve voit s’écouler tant de haine

se délier les liens des m’en ciels

Seules les larmes parviennent à réconcilier

la joie du vain coeur et les tentatives d’amour humiliées

 

sous-mise aux émotions – s’abandonner

 

*

 

quand nos petits pas

accompagnent inquiets

nos parents dans l’âge

et que leur vie s’évade

un cran après l’autre

une fois elle, une fois lui…

une main qui retient

un pied qui lâche

un sourire rassurant

la lucidité en éclaircie

un cri de révolte

suivi d’un soupir résigné…

nos âmes se balancent

au bord du vide qui les aspire

chaque jour questionne

l’incohérence du vivre

et la joie se délite

que la tristesse confond

*

Quand la mort tend son voile, elle drague le partant

et sa famille atteinte / longtemps souffre silence

Quand la mort tend son voile, quand l’espoir déchire

la vie en peau d’guenille, ne reste que la paix

 

jusqu’à ce que souffle s’évade – éperdument

 

*

Il avait un air de jamais plus

il donnait encore l’impression de vouloir suivre une voie

mais il portait cette tristesse que l’on ne peut partager

quand la raison s’abandonne à la fatalité

étreignant les élans de vie, jusqu’à la dernière brisure

Il avait un air de jamais plus

et je me suis arrêtée avec mes paroles au bord des lèvres

des paroles prêtes à chavirer toutes les résistances du corps

Je me suis arrêtée car je ne pouvais ignorer plus longtemps

l’intelligence de sa nature

*

Comment vivre

espérer s’épanouir

souhaitant à l’autre

pareil délice

sans insulter sa réserve

sans trahir sa patience

sans nier son expérience

sans éteindre ses possibles

(en le respectant jusqu’à l’extrême fin)

 

Comment vivre

en étreignant nos limites

pour ensemble les dépasser

(l’un sur terre, l’autre ailleurs)

*

La vie est si peu de chose

pourtant nous la cousons de fils multicolores

nous en humons les senteurs les plus subtiles

nous la hurlons dans nos colères et dans l’agitation de nos nuits

nous en jouissons depuis que nous avons bravé l’interdit de l’amour

La vie est si peu de chose

un ascenseur que l’on prend

pour dans une chambre visiter

une personne qui a compté et compte

si elle le veut bien encore, un petit peu plus longtemps

La vie est si peu de chose

une distance qui nous sépare

beaucoup plus grande qu’on ne le suppose

et l’ascenseur est un symbole

que je me refuse à prendre

Il y a le chemin avant l’ascenseur

et le chemin qui le suit, un couloir interminable

où je tangue car j’ai le pas mal assuré

puisque mon corps résiste au trajet;

Tout est déjà fini et je ne peux rien faire!

Nous allons parler de nos vies qui sont déjà passées pour toi

Nous tairons tes projets que l’au-delà garde secrètement

Nous dirons que tes visions ne sont pas hallucinations

que ces êtres qui attendent – bienveillants – te disent que ce n’est pas encore ton heure car ceux qui t’aiment t’espèrent parmi les vivants.

De quel côté penchera ton coeur ?

Je le sais : nous devenons inexistants à celui qui tend ses bras aux anges.

Etre de peu de foi, entre ancrage et spiritualité,

je me refuse à l’accompagnement

Pardon !

*

Un fruit, offrez une pomme

un arbre, plantez un pommier

un gâteau, pensez aux pommes

.

le vers n’est pas dans le fruit

et le serpent n’a plus de venin

si le verbe est dans la pomme

.

ô mythiques jardins

quand la vie abandonne

quand la vie abonde,

danse

.

Pomone dans son jardin

remplit son panier

elle entretient la flamme

.

Un brin de romarin

cueilli au potager terrestre

entre vos doigts….

pour le voyage

*

Toute création transcende la tristesse

alors je m’applique, je soulève le poids,

j’expérimente la légèreté, je m’accorde au superflu,

je crée un univers, pourvu de beauté et de rêve,

un paysage où poser la turbulence des pensées

– qu’il soit de laine, de fils, de mots ou de notes

il touchera de sa grâce les sourires d’âme –

.

Carmen P.

Sculpture de Jurga « Tu me manques »

Où il est question de fleurs

J’ai le coeur rouge ponceau

il se dresse dans l’épanouissement

ses étamines aux longs filaments

sont comme des tourmalines noires

qui me lient au chant des coquelicots

.

C.P.

Moi, je veux des guirlandes

des guirlandes qui chantent la vie

pas des couronnes d’épines

je rêve que la rouille fleurisse malgré tout

et que des colonnes de lumière

soutiennent l’effondrement

.

C.P.

Aujourd’hui une pâquerette

jouant de la lumière

s’est projetée pensée

Mirage végétal !

Fleur est l’essence de tout désir

main tenue jusqu’à métamorphose

.

Carmen P.

illustration : Oleg Zhivetin « contemplation »