Une mère, un ange

croquis de  Vicente Romero Redondo

croquis de
Vicente Romero Redondo

 

Si mère

deux ailes

et un ange

 

Oh   nid du cœur

tu m’aimes

et m’étreins

Je tangue

sur le verso

silence — cieux

dans la fusion

d’un cordon

intemporel

 

Mon ultime chemise

est tissée de poèmes

que ta main appuyée

signe d’une plume

d’ange

 

Erin (Carmen P.)

Lever de poème

 

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Lever de poème

 

Les pensées- herbes godent

les griffes des saisons

les déplissent comme illusions

 

C’est une âme qui s’étire

se découvre un peu plus

à chaque poème — rompue

 

La nature s’émerveille

se contemple elle-même 

 

une fleur s’épanouit –

un papillon déploie ses ailes –

l’oiseau sort de son nid –

l’enfant pousse son premier cri

et l’oublie

 

Au pas des jours

l’aube fête ses naissances

repousse la souffrance

que la nuit accueille

dan l’amplitude d’un soupir

jusqu’à la fermeture

suprême

 

En nous brillent des terres

aux boréales splendeurs

vers elles s’incline

la solitude

 

Carmen P.

Vieille colère et tournesol

 

Vieille colère et tournesol

 

Un cœur agile crée toute chose

en son argile se modèle la vie

autour d’une colonne l’étau

se resserre

dans les thorax aux barreaux soudés

se disloque la vie

le monde intérieur bande son arc

ses flèches transpercent les chairs

élancent la douleur

– les  colosses voisins s’effondrent –

dans un silence-camomille

la tristesse se réveille

joyeuse

 

et la rage déserte. Personne

ne la rattrapera. Aube légère.

 

 

*

 

 

15 août

 

15 août

 

à Paimpont

 

 

dans le ciel azuré

la ligne fuselée de l’amour

transperce le blanc flotté

des nuages

les courbes et les droites

s’interpellent

le vide se comble

du lait d’abondance

seul l’homme tire au cordeau

les limites

 

 

j’aime tes yeux non bleus

dans lesquels je sombre

tu es ma folie Éole

et je m’attache hyène

pas un soupir ne vent

se terre / que je m’abstienne

 

 

la bénédiction des enfants

au pardon de Marie

Allez en Paix !

 

.

Du bonheur pour Esther

 

 Du bonheur pour Esther

 

Ce n’était pas la félicité

c’était une vie ordinaire

temps de labeur pour Esther

cœur accordé à son foyer.

 

Le bonheur n’est que façade

surgi des mains illusionnistes

d’une femme soumise

qui accomplit sa tâche.

 

Le ravissement vient de l’intérieur, Esther.

Laisse ton plumeau, écoute ton cœur !

 

La maintenance du quotidien

exige de ranger au placard

tous les rêves avouables.

Fée dans son logis n’est rien.

 

Un tour de plus, elle disparaît

dans son refuge la démence 

plus rien n’a d’importance ;

la fée a rendu sa baguette.

 

Le ravissement vient de l’intérieur, Esther.

Laisse ton plumeau, écoute ton cœur !

 

Elle poursuit dans d’autres sphères

son voyage en solitaire

loin des exigences perverses

celles qui jaugent et ségrégent.

 

La société tranche, enferme

par son jugement elle propage

le venin de ses crochets

dans la pulpe de la vie.

 

Le ravissement vient de l’intérieur, Esther.

Laisse ton plumeau, écoute ton cœur !

 

L’amour donné n’a de sens

que s’il pense par lui-même

la conscience croît dans le silence

sur le picot des émotions

 

il est canevas de lumière

et éblouit par sa finesse

un sentiment de joie l’enfante

les façades deviennent visions

 

Le ravissement vient de l’intérieur, Esther.

Laisse ton plumeau, écoute ton cœur !

 

L’amour est plante fragile

combien d’Esther ont espéré

le voir pousser dans leur jardin

mais la terre assoiffée

s’est abreuvée de leurs larmes

laissant dans le sommeil les rêves.

Les germes attendent le réveil des filles

et l’éclosion du bonheur sur terre.

 

La joie qui ensemence la vie naît à l’intérieur des cœurs

Avec ou sans plumeau c’est elle qui te cherche, Esther.

 

Erin (12 août 2013)

Le blues…

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le blues…
 
Quand le rêve pénètre la réalité, monocorde.
 
Quand l’ennui éveille des désirs de fuite.
 
La route, alors nous invite à partir vers de nouveaux horizonS et nos chemins intimes s’embroussaillent dans nos esprits.
 
Tandis que le train… nous emporte vers un ailleurs qu’on espère meilleur, un enfant, à la barrière, nous regarde étonné.
 
Il sait qu’il devra attendre notre retour et espère, pour nous, que l’échappée sera belle.
 
Erin
 
 [vimeo]http://vimeo.com/33854665[/vimeo]

Installation éphémère

 

Installation éphémère

 

 

Ils avaient construit un bateau de sable…

Ils avaient essayé d’occuper le temps en attendant la marée. La mer n’allait pas tarder à envahir leur plage et quand les flots arriveraient ils n’auraient pas les pieds dans l’eau, ils ne seraient pas obligés de nager…ils rameraient… à deux, ce serait facile.

Les vagues, ils les attendaient avec impatience, de sable ferme, bien tassé autour d’eux ; ils étaient prêts.

Au loin la mer semblait plus impétueuse que jamais, la nécessité de voguer plus impérieuse aussi… Les deux navigateurs s’emparèrent alors de leur bateau ; ils partirent à l’assaut de l’océan.

Deux baigneurs dans une même bouée !

C’est alors que la construction leur glissa des mains ; une multitude de grains en un lent écoulement le long de leurs doigts resserrés rejoignit l’étendue sablonneuse…inexorablement.

Voilà les marins debout, consternés au milieu d’un tas de sable, regardant à leurs pieds leur rêve anéanti qu’ils n’osaient piétiner.

Ils tournèrent le dos à la mer et, vers la terre et ses gratte-ciels, emportèrent leurs illusions. À deux ça pourrait être facile !

Erin

Terre de femme

Terre de femme 

 

 

elle ravit aux fruits l’éclat

qu’ils envoient et gorge

d’une caresse de zibeline

son regard — un faisceau mor-

-doré le peint sur la toile

infinie de ses rêves

 

à fleur de peau ces  spirales

des origines       débobinent

au creux de l’intime   l’arbre

où veille l’enfant     sublime

 

mâle est l’oubli aux étreintes

dérobé               un équilibre

transfuse entre deux natures

 

défaites

 

 

Douces heures de vivre sur le granit des jours

 

Je ne vois aucune douceur

à l’heure de l’embrasement

quand l’or du soleil couchant

disperse son auréole

dans le tulle bleu

des  nuages — l’été

 

un pétale de lumière —

l’éphémère d’un papillon —

se détache du sol

profile un envol

et zigzague sans suite

 

les pierres levées méditent

sur la faiblesse des hommes

les gifles du temps

la fièvre en rafales

grêlent sur nos ardeurs

(la défiance s’installe)

notre nature ébranlée

s’écroule   de l’intérieur

 

hautes sont les saisons

elles ignorent l’humain

et hissent les pierres

dans le mystère sans fin

 

le voyageur égaré

cherche des réponses

quelques lignes sympathiques

calquées sur le cercle  chromatique

des destins qui n’ont plus cours

 

Le vol du papillon laisse la rémanence de son image  sur la rétine de toute vie

 

Carmen P.

Eden Blue

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Eden blue

 

 

minuscules sons….. les vers suspendus aux feuillées que l’été ensoleille

 

des fils invisibles laissent le non-végétal tendre vers le sol où il s’anime

 

rampe le serpent sur l’écorce terrestre et la clarté – électrique – danse sur ta peau

 

couleur denim pour ma jupe et corsage lavande

pieds nus sur tapis de pâquerettes

 

l’ombre naturelle efface le péché originel

et nos mois s’oublient sur l’herbe folle de nous

 

la ligne bleue sur mes paupières est artifice — tente-t-elle d’imiter la lumière des fées-

-fleurs des champs : la verge d’or, la campanule et la dentelle de la carotte sauvage ?

 

la bruyère un peu plus loin sur la roche se dore auprès du sorbier des oiseleurs

 

les ailes d’érable et le pollen jaune du tilleul dans l’air

 

tu m’offres une rose largement ouverte  et deux pétales rouge-corail se déposent sur ton
sexe

 

papillon jaune, papillon blanc et ces deux pétales que mon souffle disperse

 

le serpent joue sa partition sur nos chemins, à la fantaisie  de l’amour il est
soumis

 

nous
resterions bien, là, depuis le matin bleu azur de brume jusqu’au bleu de minuit

 

 

Carmen
P.