
Non, ceci n’est pas une critique de film (même si le film de Todd Haynes est remarquable).
Je vais vous parler de Vie et de certaines synchronicités qui n’ont rien de fortuit, mais qu’il m’arrive de provoquer,
pour être plus près de ceux que j’aime. Tout ce qui apporte du bonheur, même de façon détournée, est cadeau qu’il suffit de s’accorder.
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Dans New York, l’effervescente, tout illuminée pour les Fêtes de fin d’année, un enfant parmi la foule
ne lâche pas les mains de ses parents. La vie le promène entre frénésie et sécurité,
entre proximité d’amour et éloignement, entre tendres hugs entrecoupés d’ immenses séparations.
De l’autre côté, sa grand-mère prépare une crèche que l’enfant ne verra pas.
L’installation n’interrogera que les chats, huit regards félins prêts à organiser
le rapt d’un agneau, si ce n’est l’enlèvement de l’enfant Jésus. Ni l’un, ni l’autre,
ne s’en offusquera, la vie est faite de telles mésaventures, de risques,
qu’une mise au placard, ou l’oubli au grenier, durant une année supplémentaire,
n’aurait pas atténué ; refuser de participer à l’esprit de la fête est le plus sûr moyen
d’en écarter les joies présentes et futures.
Ses parents avaient annoncé un voyage, alors l’enfant se demandait s’il allait
revoir Ernest, le copain rencontré à Prague au mois de mai . Ernest et sa guitare !
Ses parents avaient annoncé un voyage, alors l’enfant se demandait s’il allait revoir son papy,
ce drôle de monsieur moustachu qui avait monté un circuit impressionnant dans son jardin. Papy et le train Playmobil.
Un train que l’enfant était parvenu à faire rouler. I did it! s’exclamait-il, à chaque passage de la locomotive.
Pendant que le petit-fils garde son attention en éveil dans la ville qui ne dort jamais, les grand parents décident de voir des images de New York et de visiter, eux aussi, le Musée d’Histoire Naturelle, en allant au cinéma où passe « Le Musée des merveilles ».
Ils s’offrent une plongée cinématographique dans NYC de 1927 et celui de 1977.
Il faut parfois de l’imagination pour que des personnes séparées dans l’espace se retrouvent !
Il en a fallu, aussi, pour imaginer l’histoire des enfants du film, Rose et Ben, qui eux, étaient séparés par le temps.
Lâcher prise et retrouver une âme d’enfant, se laisser happer par le fantastique, ne rien trouver puéril…. accueillir l’inévitable
et les coïncidences, qui ne sont pas des hasards mais qui, au contraire, tout en faisant fi de l’espace et du temps, rapprochent les bords
quand la vie se refuse à n’être que déchirure.
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Carmen P.