Pas de ligne droite en marge de la nuit

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Pas de ligne droite en marge de la nuit

 

 

Portant mitaines un parfum de poésie

frissonne aux bras nus du vent

La houle le saisit au vol

et dans un ravissement d’or-

-pailleur le disperse sur la grève

muette — vertige sous hypnose narcissique —

 

Les ballets oniriques gambadent fantaisistes

et dans leurs louvoiements chahutent les âmes jumelles

Les liens se nouent, se dénouent mais gardent l’empreinte

des soupirs comme caresses qui bruissent à l’infini

Le poète passe toujours à gué

son cœur patient drague les mots des profondeurs 

il  jongle avec les trésors des naufrageurs

et sème des étoiles sur les cris du cormoran

 

 

Sans orientation

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Sans orientation

 

 

l’heure turquoise et graminée

ouvre le sentier où l’appel

nomade guide l’âme parturiente

 

le regard dissous dans le mauve

du ciel offre son errance

à la proximité de l »éclosion

 

vicariance des instants d’égarement

 

 

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Ames siamoises

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Âmes siamoises

 

 

nos vies liées comme deux âmes siamoises

nos corps façonnés par la mémoire des nuits

basculent aux premières lueurs de l’aube

vers le lendemain à sombrer en commun

et jour après jour  le couple comble  les
failles

à l’écoute du plus misérable   Serait-ce
moi ?

le temps d’un regard se confondent les différences

car le nous veille et stabilise la corde raide

 

tu m’as souvent rattrapée alors que la chute

me fascinait    Je m’en
souviens-tu ?

 

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Pensées flottantes

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Pensées flottantes

 

 

Se pourrait-il que soit de trop
le crayon
qui par ma main exprime
des apparences le profil ?

 

Univers en lignes mineures

 

Peu importe !
D’une caresse sur le papier
je dessinerai du bout de mes doigts
contrariés
à l’encre sympathique
des contours impalpables

 

Rien ne demeurera
Rien
de tous ces mots qui me brûlent
aucune trace de mes contours
malhabiles ne subsistera

 

J’oublierai la forme
et son gouffre vide de sens
où s’épuisent les couleurs
que je désire libres

Libres de se déployer
dans la boréale mouvance
toute proche de mes jours

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Mai tant vénus

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Mai tant Vénus

 

arrime mon regard de nuit

à la lumière si vive

saisie haute sur l’horizon

elle s’esquive… reine mutine

 

Vénus défibrille son éclat

à l’Ouest sa célérité entonne

l’immobile lenteur et l’homme

la suit   par son aura… subjugué

 

mai

ses apparitions vespérales

de la Terre ne sont pas ignorées

et le temps solaire se fond sidéral

à l’envers en harmonie rétrograde

 

 

Juin

c’est dans le silence stellaire que l’astre et le disque d’or joueront la conjonction

debout les témoins aux pieds d’argile les contempleront

 

 

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La muse

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la comète poésie

dont je suis poussière

de traîne…..fige mon exil

au long court d’une orbite

cathartique

les délits bleus à fleur d’âme

dérogent aux lanigères fusions

le verbe  étouffe

la pensée inviolée

d’une intangible nuit

au jusant de l’amour

 

 

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La terre est bleu-printemps

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Printemps

 

 

Sous la pluie

les bourgeons éclos du tilleul

sculptent  leurs feuilles coquillages

La terre reçoit dans ses ornières

l’eau versée par l’aquamanile

végétal

 

Ah vole à l’ourlet des fontaines

ces larmes bénies par  nature

avant qu’elles ne touchent le sol

 

Jubilation et ballet d’étamines

 

 

 

*

 

 

Et si l’amour

 

 

 

L’amour qui n’a pas été vécu est comme l’enfant mort-né

Il est désir non parvenu à vivre corps

Il est supplice au cœur du tendre

Il est néant en terre stérile

 

Et si le chérubin poursuit son existence

sur un plan ignoré par la réalité

mais que la mère dans sa folie devine

pourquoi Eros ne volerait-il pas sans elle

avivant son destin du souffle de l’aimant ?

 

Merveilles de la création

dont on ne mesure pas l’étendue

brouillée par des larmes trop humaines 

 

 

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Paysages de sable

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Pensée de sable

 

 

La lumière caresse la vague, la pénètre.

La claque du vent, le baiser de foudre

creusent  l’emblave………des
sédiments.

La cloche se fêle sous le  feu des mots

et le souvenir se glisse par l’interstice.

 

Entends-tu encore hurler

les loups exaspérés ?  Ils habitent en ces lieux

désertés que la mémoire lie parfois de ses sortilèges.

 

L’ombre sur la peau des songes dégriffe les marques
trépassées

 

 

*

 

 

 

Rond de plume

 

 

La vague, ample pétale, dévoile ses arcanes

chuchotement d’âme sur l’alphabet des runes

 

Ne pas se laisser glisser vers les tombes astrales

éclairer de la Terre la Vie et courber son arc  

de la plume au cœur en langues de feu et d’eau

 

Que puis-je donner que je ne possède pas ?

 

 

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L’ange

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L’ange

 

On cherche un abri

comme un rêve de calice

 

On espère un ami

comme un rappel de matrice

 

un contenant profond qui offrirait son  joug  à notre vide…  sidéral

 

Blotti dans la coupe de tes bras

mon cœur épouserait ta forme

et  la vie redeviendrait nectar !

 

Souvent contre mes épaules

s’adosse une invisible présence

ses ailes sont le berceau

que je n’ai jamais quitté

il regarde mon visage chiffonné

et soutient  la croissance des arbres

 

il souffle son  désir de voir
l’humanité  étreindre la nature d’un amour tutélaire

 

 

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