Ne reste que son souvenir chez la maitresse et peut-être chez quelques élèves.
Une signalétique indique le nom de l’enseignant. Je n’ étais jamais retournée ici depuis ce mois de novembre, il y aura bientôt douze ans, et ma famille en a été doublement
surprise.
Il est des temps forts dans notre vie qui échappent à ceux qui nous aiment.
Mais avec les personnes qui nous aiment… vivons-nous suffisamment de temps riches d’eux, de nous ?
Cette qualité de présence à l’autre je l’ai donnée aux enfants, aux miens et à tout enfant qui a partagé une année ou quelques mois de sa vie en ma compagnie.
L’enfant est si authentique, qu’avec lui je peux être moi-même. Je cherche cette vérité, qu’elle se manifeste dans l’agitation ou dans la sérénité, peu importe, mais qu’elle soit
autour de moi ! Aucune vibration ne me la transmet, si ce n’est celle de la nature ou celle des animaux. Parfois je la ressens lorsque je suis concentrée dans l’écriture ou lors de
créations artistiques,
à condition que je sois seule.
L’art est-il vivant ? L’écriture n’est-elle pas vaine ? Me laisser absorber par ces activités, n’est-ce pas pure lâcheté et abandon de l’autre ?
Longtemps je me suis refusée la lecture, mes journées étaient bien trop actives pour que je puisse m’évader… j’avais un pincement au cœur lorsque je pensais à ce désir que je mettais en
veilleuse, mais mon cœur était bien trop vaste pour que ce petit espace de frustration devienne aire de souffrance.
Les enfants ne sont plus dans ma vie… dans un parc pousse un érable oublié. C’est le temps de la lecture silencieuse et de l’effacement.




