Printemps
Sous la pluie
les bourgeons éclos du tilleul
sculptent leurs feuilles coquillages
La terre reçoit dans ses ornières
l’eau versée par l’aquamanile
végétal
Ah vole à l’ourlet des fontaines
ces larmes bénies par nature
avant qu’elles ne touchent le sol
Jubilation et ballet d’étamines
*
Et si l’amour
L’amour qui n’a pas été vécu est comme l’enfant mort-né
Il est désir non parvenu à vivre corps
Il est supplice au cœur du tendre
Il est néant en terre stérile
Et si le chérubin poursuit son existence
sur un plan ignoré par la réalité
mais que la mère dans sa folie devine
pourquoi Eros ne volerait-il pas sans elle
avivant son destin du souffle de l’aimant ?
Merveilles de la création
dont on ne mesure pas l’étendue
brouillée par des larmes trop humaines
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