L’ours et l’homme

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La terre est l’oreille de l’ours

et la peur le précède

 

L’homme marche sur le pas de l’animal

 

Du plus sombre des cavernes

où ils hibernent deux souffles

confondent la pureté de l’aube.

 

Puissent-ils dans cet em-

-pire matérialiste se lier

comme deux entités âme-

– mies___se laissant glisser

vers les chemins d’Ô

par la loutre espiègle

 

Une voie buissonnière

où se cueillent les signes

d’un pouvoir temporel

partagé existe

 

Par cœur le monde

 

Erin

New World

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Une installation réalisée par deux amis artistes, Jean-Michel Darras et Olivier Grolleau,  dans le cadre du salon de printemps d’une ville voisine (Chavagne)

Une cabane baptisée « New World » que les enfants ont décorée avec des fleurs (art récup). Une classe entière peut s’y « installer ».

Quelques mots sur la vie me sont venus, ils peuvent être lus, ici (comme je souhaite faire vivre mes deux blogs) :

http://parmotsetparcouleurs.over-blog.com/2014/04/printemps-et-gogyhoka.html

 

Préambule de Rose Garden

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Amis lecteurs, pour vous, j’ai rassemblé ces textes. Ils ont pris source dans mon imaginaire et ont croisé, au fil de la plume, le lit de la poésie qui m’est si chère.

Voici donc Rose Garden, du nom d’un parc de Boston où la première histoire a trouvé son estuaire.

C’est encore vers des jardins que je vous invite à vous aventurer, non pour y cueillir des brins de poèmes, comme dans « Tisane de thym au jardin d’hiver », mais pour y rencontrer des personnages qui portent la vie, du mieux qu’ils le peuvent, et aspirent au bonheur.

Chacune de ces sept nouvelles nous convie à un rendez-vous avec la nature. Cette nature, on la découvre ordonnée et obéissant  à la volonté de l’homme, dans un jardin du Massachusetts ; on  l’approche, sauvage,  sur la Côte bretonne ou sur les Landes de Cojoux ; on s’en extirpe quand un cauchemar nous  prend dans le labyrinthe du jardin de l’inconscient.

Avec Rose Garden, la réalité passe une porte, elle pénètre dans un univers où l’animal parvient à communiquer avec l’homme, où la mort poursuit le dialogue avec le vivant.

Nous sommes bien sur Terre pourtant… La nature est le berceau qui reçoit notre espace intérieur. À partir du lieu où la vie nous pose, et après  reconnaissance du  terrain, nous  acceptons  d’y greffer notre être, à moins que  nous préférions la fuite et de nouvelles explorations.

Rien n’arrête le voyageur dans sa marche silencieuse, il transporte sa mémoire en lambeaux avant de parvenir à reconstruire le tissu de la vie. La trame des histoires est un fil d’Ariane qui  porte le sensible jusqu’à l’orée  de résonances amies. Puissiez-vous trouver refuge dans ces jardins et cheminer avec plaisir en compagnie de mes personnages, aussi extravagants soient-ils.

 

Erin

Bouquet d’avril

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Bouquet d’avril

 

 

je contemple aux lisières du non-vécu

les rebords gris des vieux clichés

où des mondes se sont dissous

 

le regard est flouté qui passe par une vitre douteuse

 

pourtant

il n’y a pas de fenêtre

aussi sale soit-elle

par laquelle le créateur de l’être

ne puisse voir l’homme vivre

— l’un et l’autre font corps —

 

sur la paupière d’un œil-de-bœuf je dépose quelques fleurs de saison

 

Erin (Carmen P.)

La nativité

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La nativité,

quand le corps devenu berceau,

se prête à l’éclosion de la vie,

la femme, toute à la possession d’amour,

entrevoit une perte, inestimable, celle de sa propre enfance.

Etrangère à sa chair, tout lui devient étrange,

dans la déchirure d’une naissance, dans l’abondance d’un lait, dit nourricier

Les fibres de son être, stimulé à l’extrême, hors de son contrôle,

accélèrent leurs vibrations jusqu’à atteindre l’amplitude maximale

du don de soi. Le corps mute à ses risques et périls. Le corps s’emballe

 

On ne soupçonne pas la portée de cette éclosion,

elle déborde des apparences,

transcende la dimension corporelle.

Tandis que les bras enlacent le nouveau-né,

le cœur devine qu’il aura à se dilater, encore.

De jour en jour, d’année en année. Petit à petit,

il libèrera l’étreinte, dans l’acceptation de l’œuvre

du temps et la complicité de l’espace.

 

La mélancolie déferle par vagues sur les rives de la conscience intuitive,

jusqu’à ce que l’âme, à son tour, repousse les horizons.

Comme le corps engendre la vie, l’âme accompagne la croissance de l’enfant.

Elle demeure légère, car Cronos, son allier, lui permettra d’affronter

les inévitables, petites ou grandes, séparations futures.

Les épreuves seront comme des pas japonais dans la neige des lendemains, à franchir à cloche-pied.

Oui, à cloche-pied et le cœur léger, car seul le présent, dans la bulle des complicités quotidiennes, compte.

 

Naissance et mort parfois se liguent… on n’entend aucun cri, seul un silence

où la lame affûtée du destin rompt ses promesses. Une porte se ferme, un escalier est subtilisé.

Mais il n’y pas de porte et l’escalier s’est éboulé.

La conscience ne peut fuir la réalité, qu’elle doit accepter de regarder.

On se retrouve stupéfaite devant le vide. Inutile. Ceux qui nous aiment nous regardent angoissés; ils ne comprennent pas.

La raison, on la garde pour eux, même si leur amour ne peut se mesurer à l’absence.

La nature-mère préparée à la profusion doit calmer son flux.

L’expansion de tendresse après avoir chuté dans un abîme de détresse, reprendra son ascension vers un espace que l’intelligence humaine ignore.

Le chagrin s’ouvre ensuite sur la révélation de la présence aux autres,

et sur le don du bonheur souhaité, à chaque être croisé (surtout s’il vit la joie qui nous a été refusée).

 

Enfants,

où que vous soyez, c’est d’une maternelle caresse que mes pensées vous délient.

Dans la proximité de l’amour, je me réjouis de savoir que vous vivez, comme vous l’avez choisi, là où vous avez décidé de vous fixer.

Quelque part les racines se rejoignent.

Toujours.

 

Erin (Carmen P.)

Tableaux

IMG_4255J’essaie de mettre en valeur mes productions artistiques. L’ancienne formule d’over.blog ne me le permettait pas. Apln.blog est un très bon blog dédié à la littérature, mais pour mes tableaux, non, de plus,  je ne parviens plus à publier de photos personnelles à moins de les réduire.

Je ne suis pas encore satisfaite, car les tableaux défilent, comme les articles… il me faudrait une page où ne figureraient que les tableaux d’arbres, ou que les tableaux de fleurs. Une page par thème, quoi ! Il y a peut-être moyen de le faire, mais je n’ai pas encore compris. Sinon… il faudra que je me décide à ouvrir un site.

Si vous voulez voir ce que donnent mes tableaux, c’est ici : http://parmotsetparcouleurs.over-blog.com/

Je n’ai pas mis mes derniers tableaux.

Je vous adresse l’un de mes tableaux préférés.

Amitiés.

Erin

Balades de mars

 

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mercredi 5 mars à Pléchatel

 

crépitements bleus
les pins dans le ciel de mars
éclatent leurs cônes

 

des écailles ouvertes

s’échappent les graines ailées

pinsons en raffolent

 

les chenilles hors de leur nid

sur le chemin processionnent

 

 

 

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dimanche 9 mars sur la Côte Sauvage

 

nimbée d’arcs-en-ciel

la vague en galop d’écume

assaille la roche

 

les flancs des mouettes

saturés d’émeraude

frôlent l’abîme

 

des boules comme neige

d’eau et d’air furibondes

roulent sur la plage

 

les barrières couchent leurs ombres

sur le sentier où je marche

cheveux au vent

 

Carmen P. (Erin)

Un pause

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Une pause
 
 
je viendrai moins
et c’est certain
une décision
au goût amer
du chant d’action
impose ornières…
 
Carmen P.
 
Un poème en cadeau, il est de Charles Le Quintrec :
 
Premier matin
—————–premier jardin
———————————–une lumière
Circule sur l’étang où s’ébattent des grues
Des enfants font des ricochets dans le soleil
Des femmes endormies – dormeuses demi-nues
Appellent des amours qui s’envolent joufflus
Vers les vignes
——————-le vin cette année sera clair
Allons les beaux enfants ! prenez votre musique
Et que danse la vie que nous aimons, la vie
Qui fait belle la femme au jardin que j’ai dit
Dans le premier matin où le mystère vibre.
 
 
Charles Le Qunintrec in La source et le secretAfficher la suite

Le messager d’amour

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Le messager d’amour

 

Je suis celui qui année après année frappe à la porte de ta vie.

Je suis le soleil… pour toi, je courbe ma lumière afin qu’elle vienne frôler les creux et les pleins  de ta silhouette que j’ai dessinée et  autour de laquelle  je gravite. Peu m’importent les lois du cosmos, plus je réfléchis et plus je pose sur ta peau mes éclats de tendresse. Quel est l’astre et quelle est la planète ?  Tout se confond dans l’instant amoureusement, et nos vies s’articulent dans un espace que rien n’offense.  

Je suis l’aimant, moi, le non créé, celui qui  n’existera pas tant que tu ne l’auras pas reconnu.

Je suis le prince des certitudes, celui devant qui personne ne peut rester de glace.

Pourtant tu continues de  m’ignorer.

Non, ne t’effarouche pas, je  laisserai au temps le soin de dissoudre tes appréhensions. 

Tu pleures ? Je suis avec toi, car je suis la larme qui dans ta bouche a le goût du sel.

Tu interroges le ciel, mais je ne peux te répondre car je ne connais pas le mode d’emploi de  l’amour sur terre. Je ne suis pas dans ton périmètre de vie, je ne suis pas de ton époque. Je suis de toujours et de maintenant, mais comment te le dire ? Je ne suis pas un expert  du vocabulaire du cœur. Les mots, si souvent, riment avec tromperie, alors, je garde ma déclaration pour un avenir dédié à la sensorialité que nous éprouvons déjà, d’une silencieuse étreinte.

Je garde espoir que tu me reconnaisses, ne dit-on pas qu’un mendiant d’amour, un jour, se hasarda dans la vallée des cœurs perdus où les soupirs donnaient récital et qu’il y trouva l’âme sœur !

Le rêve est le refuge où je dépose ma flamme. J’espère qu’une nuit, dans ton sommeil, tu entrouvriras la porte, ainsi tu libèreras les caresses qui n’attendent que le moment de parcourir le velours de ton corps autant que la sensibilité de ton âme.

Tu frémis déjà car je suis ton promis. La sensation de l’amour vibre comme une force tellurique bien avant que l’amour ne se manifeste. Sois attentive à son courant d’ondes, il est mon messager. 

 

Carmen P.

 

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