Amour

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Amour

 

Le véritable amour se lit dans le respect que tu portes à l’aimée

dans chacun de tes gestes involontaires,

dans la tendresse qui jusque dans tes rêves se prolonge.

 

Je me cherche dans ta nuit, dans le sillage de l’amour que tu me portes.

Je me cherche au plus profond de ton regard.

 

J’ai pris l’arbre par les années et tendrement je l’ai implanté dans mon cœur

et si mes larmes devaient le sauver de la sécheresse, je l’inonderais chaque jour des racines à son faite, et toutes ses douleurs, en creux, je les comblerais du nectar des souvenirs et du parfum
de demain,

à l’instant même de l’éveil du vide.

 

Mais je t’en supplie, bouge… et que ton mouvement garde l’empreinte de nos nuits d’amour.

 



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Miroirs

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Miroirs

 

 

 

Le regard se projette
sur l’horizon qui l’ouvre
— un champ où la vision
peint l’accordé — on est
pareil au vent d’ailleurs
comme une poignée de caresses
esséminant des paysages

 

et dire cette tension
tout en nivellements
cet équilibre que tend
le paysage au fil regard

 

la vie tire l’épreuve
et l’image crée la vie
sur la pupille où elle reflète
la création toujours fidèle.

 

dans la géographie du mirage
pérégrine le destin

 

.

Les corbeaux

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Les corbeaux

 

Les gouttes d’eau

sur les ailes des corbeaux

sont autant de boules de crystal

que la flèche des regrets amène

depuis nos nuits cataleptiques

 

On laboure le ciel

et s’envole l’âme des arbres

                           
en paradis

On déracine le calvaire

ainsi se plantent les maisons

dans l’immobile

d’un espace bétonné d’ennui

 

et les vieilles routes s’oublient

au bout d’une impasse

tandis que la vie…….. cherche

sa voie autour des ronds points

 

Les gouttes d’eau labourent le ciel

et du miroir de son granit

le calvaire reflète un champ

que les corbeaux colonisent

 

 

.

 

Vidéo « Costa Brava »

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Je ne vous avais pas mis la vidéo réalisée par une amie. Cette même amie qui m’avait demandé d’écrire un poème sur la Costa Brava où elle vit.

Les images sont de mon amie, la voix est la mienne (elle m’avait demandé de parler lentement).

 

Je remets le lien avec le poème :

 

http://parmotsetparcouleurs.over-blog.com/article-costa-brava-109201830-comments.html#anchorComment

 

et voici la vidéo :

 

http://youtu.be/Ojm9-aCkqXU 

Quand se soulève la brume de samain

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Art de Galya Popova – Russie –

 

 

 

(deux poèmes mûris en ce mois de novembre où l’été semble si loin et l’enfance aussi… alors pour faire passer cette ambiance de
samain un tableau plein de fraîcheur)

 

 

 

C’est la saison où les yeux se ferment de fatigue

 

 

la saison s’avance comme bannière d’effroi

doudoune et jambières sortent des placards

qu’elles y restent et que ma mère au coin du feu

ne se consume pas cet  hiver en  pleurs et
plus

 

arbres amis murmurez tendresse

qu’un nom s’immisce dans vos ramures

demain en main et feuilles soupirs

en recueillement où transfuse la joie

 

 

*

 

tours et détours en trompe-ennui

les bosses des jours ratiocinés

le poids de la vie  trottin-menu

et la fatigue sans insomnie

tirent les paupières-rideau

sur
la jeunesse des femmes

 

 

 

 

 

 

Broderie de nuit sur icône nourricière

 

 

 

Je brode la mort du ciel

sur la chair de ma vie

que la peau du silence habille

 

 

seules

des paroles meurent d’ombre

de trop plein d’absence

murées dans le vivant de l’esprit  

leurs ronces me paraissaient belles

hier

 

 

l’âme cherche un chemin de mémoire

dans l’obscur d’un cœur résigné

il se fait si tard  

le temps de l’amour s’est étouffé

sous le poids du labeur des jours

 

sa raison épuisée s’incline

elle tombe

elle ne sait pas pourquoi elle

tombe

 

 

Je plonge avec elle dans cette nuit vertigineuse

et mot à mot je rêve les fruits de tendresse

que je brode sur l’amer de ma vie

 

 

 

*

 

 

 

 

Dire sans brûler

l’amour trop sensible

 

 

Dire l’informe d’une pensée

qui suit son cours

abandonnant sur la rive

l’amer de l’enfant-sourire

 

 

Dérive à perpétuité

d’une tendresse clonée

oublieuse des Je vous salue Marie

murmurés aux portes du sommeil

comme autant de tentatives

pieuses de fusion






Carmen P. 

 

Le cercle enjeu

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Le cercle enjeu

 

 

Une main donne la main à la main

et forme la ronde des jeux enfantins

 

elle se forme — accélère — s’élargit

se déforme — décélère — s’amenuise

 

Gare à l’espiègle qui brisera la chaîne

il se verra banni du cercle magique

 

Les yeux fixent l’eau tranquille d’un lac

cerné de bras-lances et de transes criées

Les pas en musique suivent la cadence

 

Dans le vertige du centre

l’illusion d’un sourire

(une grimace-discipline)

Pas l’onde d’un faux-pli

sur la farce des jours

 

Il y a méprise

la transe n’est pas de joie

elle dérive l’attention

 

Le rire autour du miroir

se perpétue — arachnéen —

La vie flotte prisonnière

de ses circonvolutions

 

la fantaisie condamnée ronronne

— le ronron convenu façonne—

 

Rien ne doit déborder

Tourne la danse autour du lac tourmenté

Incantations d’enfants bringuebalés hilares

 

Alors tressaille l’envie de resserrer  l’étreinte

— comme un nœud coulant —

son centre réduit en un point non suturé

laisse passer l’eau vive en lames de lumière

et les enfants joyeux s’éparpillent  pillent  pillent…

 

Dans le miroir déformant

la réalité défaille

et la jeunesse de passage

survole d’autres étages

 

 

Anéantis

les murs de l’école-musée

qui dresse des archers

comme des pierres levées

de Bretagne ou d’ailleurs

 

Devant sa psyché celle qui a rompu la chaîne

conte le champ de la vie sur la roue des saisons

 

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Comme son corps — le monde

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Comme son corps — le monde

 

 

Elle se cache — se dissimule

puis disparaît — à moins qu’elle tombe

elle se relève… elle essaie de rester debout

maintenant une part d’elle s’éclipse

alors qu’elle tente de rassembler son corps

éparpillé en sharpnels

 

Son corps

plus tard elle en fera le tour

elle sait qu’il lui faudra dresser l’inventaire

tout passe par les sens et la vie s’efface

si on  ne les affûte pas

la peau – les articulations -les veines – les nerfs

tout ce qui réagit – vibre – pulse et se vrille

doit se détendre un jour

 

Elle s’est vue cette nuit

il était là alors qu’elle enlevait ses vêtements

son corps était mûr pour ce regard

sa pudeur pourtant ralentissait ses gestes

alors ses yeux d’aimant l’ont ignorée

il la savait belle /elle en doutait

comme un feuillu qui se dépouille

elle est allée au bout de son désir

et a accepté de se montrer nue

 

Au matin  ses yeux et ses pas enfin accordés 

ont donné raison à son  corps

et le monde s’est reconnu il  ne s’est pas couché

car pour tout homme tombé c’est un monde qui s’écroule

 

 

 

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(croquis rapide d’atelier – Carmen P. – mai 2012)

Instants

 

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    Le phare de « Two Lights » peint par Edward Hopper 

     

Instants

 

 

Two lights

 

l’oiseau rehausse………….…..ses plumes d’ambre

puis trace — du couchant vers l’Est — sa parabole

 

le bleu du ciel.. …de rose et mauve….. s’emmielle

 

ton phare……Hopper……garde sa couleur silence

un cri chaud de sirène —  au loin  — la
transperce

 

 


Croissance

l’homme est un rêve de silence
il vit en mode utopie
dans un monde de chimères

le brin d’herbe babille
fier de son manchon de lumière

 

 

 

L’élan

 

elle était l’élan

qui vers toi accourait

 

un geste — un soupçon

aurait brisé ses ailes

 

un signe — un sourire

et la courbe de ses bras

a bouclé l’étreinte

 

 

 

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(instants qui participent au sujet de la quinzaine proposé par mil et une) 

Mariage

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Mariage

 

C’est il y a trente quatre ans que notre enfant a vu le jour

Pour nous il était Prince dans la maison

Nous l’appelions notre petit loup

Tendrement, nous l’avons protégé. Lui, attendait un appel…

Non, pas l’appel de la forêt toute proche,

mais celui bien plus vaste à l’échelle de l’univers.

Etait-ce déjà l’Amour ?

Celui dont on ne mesure pas l’étendue,

même si on sait très bien où il a commencé ?

 

L’amour trace son chemin
dans le cœur de chacun.

Jeune, on s’y promène seul en rêvant à l’âme sœur.

Un jour, on s’aperçoit que deux sentiers fusionnent.

À nos côtés, une présence suit notre propre trajectoire.

Avec elle, c’est l’évidence, nos natures s’accordent

et la vie, enfin,  paraît plus souriante.

L’amour est cette présence espérée

qui comble l’absence ignorée.

En silence, il murmurait un nom : Kristin

 

L’amour ne choisit ni le
temps ni l’espace pour se poser

Il ne se cherche pas il se trouve dans le courant de la vie

 

Aimer, serait-ce déjà un
désir de partir ?

Ce désir d’aller de l’avant qui te poussait  enfant

à poser des Pourquoi, à imaginer les réponses

en attendant de pouvoir les vérifier par toi-même

Les difficultés des départs jamais n’ont découragé ta marche

vers des horizons nouveaux et des découvertes passionnantes.

Oui

Il a bien fallu que tu partes, et nos  bras, progressivement,

ont desserré leur étreinte, se sont ouverts à cette vie

que tu devais construire en l’imaginant, pas à pas.

Kingston t’attendait et rien ne pouvait arrêter cet envol

ni l’amour de la famille, ni les menaces de pandémie

car d’autres bras se levaient – les rameaux de ton futur.

 

Aimer c’est bâtir un avenir
à deux

un avenir qu’un simple  mot engage.

Oui

votre attachement s’est déjà forgé

au fil des années que vous avez vécues ensemble.

Le mariage est un refuge qui permet de voir plus loin.

Tel un phare, il  éclaire l’océan de la vie

et guide sûrement ceux qui s’en approchent.

De ce promontoire, les jours espèrent

des époux un cœur ouvert 

à la clémence et à l’amitié.

 

Oui

ce refuge est faisceau

il est flambeau

à l’avant de demain

et vos parents, à la lisière de ce serment,

vous abandonnent en confiance.

 

 

[lu à deux voix le 8 septembre 2012 à Emerson Inn – by the Sea – (Rockport, MA]

 

 

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Le prix des jours

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Le prix des jours

 

 

Je pars en chagrin

comme on part en voyage

sous les cris du soleil

que les coups de malus

déchirent.

Les déboires sont des vrilles

qui percent des trous noirs

dans la lumière qu’ils désirent

et la lumière…..vacille.

 

Je pars en chagrin

et toujours je reviens

— un rituel —

L’amour est dans le pardon

que les trahisons rendent lucide.

Les promesses n’enliessent que l’ordinaire

la fuite dans ce magma

engouffre les larmes

— en elle ce puits que je redoute —

 

La vie frissonne au bout de tous les chagrins

et la liberté est dans chaque illusion

que l’on effeuille.

 

 

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