Quand, “chut !”, les pierres.

 

 

 

 

 

 

Il y eut des jours qui ne furent pas des jours
il y eut des nuits qui ne furent pas des nuits
car les jours s’évanouissaient dans le vide
et la nuit intensifiait leur chute
sacrifiant tout au silence.
.
L’âme, elle-même, louvoyait dans la vase
et les rêves stagnaient sans jamais parvenir
à atteindre le noyau terrestre où l’étoile
de cristal appelait de ses douze bras
la consonance humaine.
.
J’attendais l’algorithme du jour véritable
– la simplicité d’une barque affrétée par le ciel –
mais rien de désirable ne venait calmer
l’arythmie de mon horizon où seul le chant
de la mer – vague solitaire après vague solitaire –
venait accompagner ma solitude.
.
Je ramassais des galets polis à la perfection
ils étaient menus comme les cris que ma respiration
suspendait à la verticale de mes aspirations.
.
Dans ma folie d’écrire
les mots ne lèvent pas cailloux
sur les consciences
tout n’est que mur de feuilles
et l’arbre est caduque – bientôt
il perdra son rideau vert –
peut-être verrons-nous, cet hiver
son œil pâle ouvrir fenêtre ?
.
Chaque feuille du décor
est à saisir telle que branche l’offre
qu’elle soit parfaitement configurée
ou rongée de l’intérieur.
Le crayon de bois est plus tranchant
qu’un canif, il entaille l’écorce de l’âme
pour y graver des initiales…
elles consignent les existences
dans la continuité de la beauté
même si certains jours sont parfois plus sombres que des nuits.
.
Carmen P.
le 26 septembre 2017
(photographie : Jean-Eugène-Auguste Atget)

Little man in Stowe

DSC01730 - Copie

 

mon petit bonhomme si cher

en balade dans le Vermont

tu suis des yeux et du cœur

tes  parents en randonnée

 

mon infiniment trésor

que ne suis-je pour toi

une grand-mère vraiment

prête à t’enlever de ce banc

 

où tu penches mon enfant

avec ton sourire absent

ce sourire que j’aimais tant

voir  le matin à ton réveil

 

ce n’est pas encore demain

que tu exploreras les hauteurs

du Mont Mansfield, pourtant ce jour

arrivera  plus vite que nos retrouvailles

 

quand tu marcheras fièrement

je ne serai pas loin de toi

par les pensées que je t’accorde

car ma présence est trop long voyage

 

Erin (Carmen P.)