Mé… moi… re

Beatriz Martin Vidal

 

(moi… maman, je te re dessinerai une île où ton histoire sera sauve)

 

Du jour au lendemain la mémoire s’est verrouillée, le jour replié sur les souvenirs s’est fermé aux lendemains sans désir, et dans le vide d’un présent confiné la lente dessiccation des souvenirs, eux-mêmes, dépossède la victime de toute son histoire.

Oh, donnons-lui une histoire, n’importe laquelle, l’essentiel est qu’elle s’en souvienne ! Frappons son imagination et qu’elle l’emporte même si ce doit être dans la tombe !

L’enfant intérieur perdu dans une maison abandonnée cherche la voie du cœur – le moindre filon devient ruisseau sur lequel il s’embarque.

Imagine : Il y a un enfant en toi sur une toute petite barque. Comme celle-ci. Tiens, je te la donne. Vois-tu l’enfant ? Il rame avec toute l’énergie de sa confiance en l’amour qui ne peut, qui ne doit se tarir. Il est le gardien de ta mémoire. Elle survivra.

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Carmen P.

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image : Beatriz Martin Vidal

Comme un sourire

Un même poème, deux versions…

 

 

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Comme un sourire 1

 

Les cauchemars dorment sécures

à l’étroit d’un placard — obscur

Les murs aveugles ignorent la porte

ils s’ouvrent sans passe – le levier

devient inutile badine — l’égarer —

 

La mémoire fait le pied de grue

elle attend sur l’ herbe folle

la serrure à nulle autre pareille

la clef de voûte des circonstances

le soutien des petites choses tangibles

 

— comme un sourire —

 

La résistance de nos galandages

n’arrête pas l’œuvre du temps

jamais ne contrarie l’adversité

La séduction d’une pensée gitane

pose la braise de ses prunelles

 

 

sur la fragilité d’un rêve nomade

accroché au clou des lendemains

Les saisons changent les couleurs

au fleuron de nos paysages

au verbiage de nos réflexes-racines

 

— comme un sourire —

 

échappées des heures molles

d’un pépiniériste  novice

les saisons changent les peines

les replient au placard

où elles meurent d’oubli

 

poussière de reliquaires

 

—comme un souvenir—

 

_______jauni

 

Erin (Carmen P.)

 

 

Comme un sourire 2

 

Les cauchemars dorment paisibles

à l’étroit d’un placard — obscur

Les murs aveugles ignorent la porte

ils s’ouvrent sans passe – le levier

devient accessoire badine — l’égarer —

 

La mémoire fait le pied de grue

elle attend sur l’ herbe folle

la serrure à nulle autre pareille

la clef de voûte des circonstances

le soutien des petites choses fragiles

 

comme un sourire auquel on ne s’attend pas

comme une plume tombée en signe de ciel

 

La résistance de nos paravents

n’arrête pas l’œuvre du temps

jamais ne contrarie l’adversité

La séduction d’une pensée gitane

pose la braise de ses prunelles

 

sur la fragilité d’un rêve nomade

accroché au clou des lendemains

Les saisons changent les couleurs

au fleuron de nos paysages

au verbiage de nos réflexes-racines

 

comme un sourire auquel on ne s’attend pas

comme une plume tombée en signe de ciel

 

échappées des heures molles

d’un pépiniériste  novice

les saisons changent les peines

les replient dans le placard

de l’oubli au parfum de lavande

 

les reliques inutiles deviennent poussière

elles rejoignent les souvenirs jaunis

et laissent le cœur s’éprendre de sourires

tombés du ciel comme au temps des plumes d’ange

 

Erin (Carmen P.)

 

edvard-munch-melancolie

edvard-munch-melancolie

 

Il était un ange

 

Il était un ange

à la mémoire d’homme

trop courte

il  isolait sa geôle

de treillis en volubilis

bleus

et laissait filer la couleur

jusqu’aux chevilles

de sa tour d’ivoire

 

Un jour…..la vanité

le réveilla — vulnérable —

elle se tenait là……face à lui

la voie royale vers la souffrance

L’émotion l’a(p)pris par la main

le suppliant de déplier ses ailes

qu’un doute ancien avait liées

 

Il était homme

que la misère sur Terre

avait roulé — à fond d’âme —

 

Tout ce qui haït un jour écoute

cédant la place à l’indulgence

goutte à goutte elle transfuse

 

l’infini d’un air de rien

 

Un tollé de silence

 

 

Carmen P.